114 HISTOIRE SOCIALISTE !"Allemagne ,, n'èlre qu'un instrument pour des desseins étrangers. C'était le meurtre d'une grande nation: c'était la nationalité allemande servant de rançon à la nationalité italienne : c'élail, en même temps qu'un crime contre l'Allemagne, un crime contre l'llalie, dont l'unité apparaissait non plus comme une ,·icloire du droit mais comme le caprice du despotisme napoléonien. Ou si l'Aulrichc, sans prétendre à la domestication totale de l'Allemagne, s'était contentée de quelques remaniements territoriaux, si par exemple elle avait seulement affaibli la Prusse en lui enlevant la Silésie comme dédommagement de la \"énilie perdue, c'était l'Allemagne divisée à jamais entre deux inlluences implacablcmcnl hostiles : c'était le déchirement mortel de la pairie allemande. \"oilà la conséquence de la victoire franco-autrichienne. Mais quelle force morale celle entreprise de violence aurait donnée à la Prusse! Du coup, pour toute l'Allemagne, l'Autriche devenait l'ennemie. C'est elle qui en introduisant au cœu,· de l'Allemagne les armées françaises, les armées d'un Napoléon, aurait assumé le lourd héritage de défiance, de haine laissé aux cœurs allemands par le grand envahisseur. ~!. de Bismarck l'aurait dénoncée à l'indignation cl au mépris de tous les Allemands. La voilà celle Autriche ignominieuse qui n'ayant pas eu le courage cl la force de défendre en llalie son patrimoine conlre !'Empereur des Français, vient chasser avec lui en lerre allemande. Par elle, par l'Autriche félonne, l'Allemagne Ya èlre de nouveau livrée, dépecée. Oui, si elle ne se défend pas jusqu'à la mort. (tu'elle se lè-·e comme en 1813. Qu'elle proclame sa grande unilé, el qu'elle fasse savoir au monde qu'elle esl résolue à périr plulôl que de subit· de nouveau le joug. Comment Jules Favre a-1-il pu soutenir une pareille hypolh<'·sesi sa conscience l'avait entrevue? ou par quelle étourderie funeste a-l-il pu oublier qu'il y avait une Allemagne vivante el palpilanle qui ne se laisserail ni asservir, ni mutiler ·1 Quoi! il ne cessait de dire à l'Empire, el avec raison, que Loule menace de la France sur les bords du Rhin grouperait autour de la Prusse Loule l'Allemagne! etil s'imagine qu'une inlervcnlion armée de la France, au cœurde l'Allemagne, n'aura poinl le mème effel'? Visiblement, lanl que la démocralie fran~aise n'accepte pas la pleine unité allemande, elle se condamne clle-mème aux pires aberrations. Ce qu'au rail élé la politique de Jules Favre avant Sadowa, on vient de le voir. Après Sadowa, il ne veul plus de l'alliance avec l'Autriche; mais sa pensée inconsislanle n'aboutit encore qu'à de piètres expédients. Il commence bien à recoooallre la force d'unilé qui travaille l'Allemagne, mais il veut la faire lourner en Confédération, non pas pour qu'elle soil plus libre, mais pour qu'elle soit moins forte; el il rève d'une alliance de la France avec les rois allemands, inquiétés el dépossédés, donl le particularisme dynastique est un élémenl de réaction. • Je reconnais à merveille que celle grande contrée, qui s'étend de la Baltique aux Alpes el du Rhin à la \ïstule, lient groupées dans son sein des nations qui peuvent avoir de très grands points de ressemblance, mais nul ne contestera qu'à côlé des points
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