J 12 IIISTOIRE SOCIALISTE veut gagner la sympathie, quel langage lient-il'? quel role leur assigne-t-il • Ils seraient « les alliés de la France», cl cela surrirail à les compromettre en .\llemagnc. Il aurait fallu leur dire : L'heure est \"Cnueoù toutes les forces de l'Allemagne tendent à s'organiser. \juc les petits !~tais ne se désintéressent pas de celle œuHc, quïls y conlribucnl au contraire pour lui donner un caractère libéral el pacifique. Mais, les paroles de Jules Favre ne pouvaient qu'irriter l'Allemagne; elles lui fermaient la solution prussienne, elles ne lui en ouvraienl pas une autre. Que l'unilé allemande fûl formée par la Prusse ou par le libre concours de tous les Étals, l'Allemagne nouvelle élail toujours « un géanl » : et ce géanl, il semble bien que Jules Favre le redoulail en tous les cas. Quand survint la grande crise de Sadowa, l'occasion lui était bonne de dénoncer l'imprévoyance, !"incohérence de la polilique impériale qui avait spéculé sur la défaite ou loul au moins la demi-défaite de la Prusse pour faire la loi à l"Europe el intervenir rn Allemagne sournrainement. Il avait bien raison aussi de condamner, ùe rejeter les arrière-pensées d'agrandissement territorial qu'avait nourries l'Empire cl qui ne pou\"anl s·exercer qu'aux dépens de l'Allemagne devaient surexciler celle-ci conlre·nous. ~lais encore une fois, cc n'esl pas seulement de l'inlégrilé de l'Allemagne qu'il s·agil : c'est de son unité. L'Empire a,·ail deux idées fausses el funeslcs : profiter des complications allemandes pour saisir une partie du leri;itoire all~mand; s'opposer à l'enlière unité allemande . .Jules Favre dénonce la première faule, mais il s'associe à la seconde, au moins c.lansune lal'gc mesure. El il aboulit à la politique la plus conlradicloi.-e et la plus confuse. La question ilalicnne, en se mêlant à la question allemande, amil embarrassé les démocrates français. L'llalie s'était alliée à la Prusse contre l'Aulriche, afin de saisir la Yénétie : .Julcs Favre cl ses amis, qui désiraient loul à la fois le succi·s de l'Italie cl l'insuccès de la Prusse, étaicnl placés par les événements dans une situation fausse. tvidemmenl, si l'Empire, en 1859, ne s'élail pas arrêté à mi-chemin, s'il avait poussé jusqu'au _bout l'œuvrc de l'indépendance italienne, sïl n'avait pas consenti ce trailé de \'illafranca, qui laissait la Vénélie à l'Autriche, cet embsrros leur enl été épargné: mais l"Empirè pouvait-il, en 1859, s'avancer jusqu'à Vienne sans soulever conlre lui Ioule !'Allemagne·? Jules Favre, dans son discours du 18 mars 186ï, prétend que ce déplorable traité de Villafranca, qui a préparé l'alliance do l'Italie el de la Prusse, a été un acte de faiblesse, que le prétendu senlimenl de l'Allemagne élail « ull' fantôme"• invoqué pour couvrir la débilité el l'incerhlude de la diplomatie impériale. Jules Favre se lrompe. L'Allemagne voyait avec épouvante la marche d'un Napoléon sur une des capilales de la race germanique. li n'y aurait eu qu'une chance do la rassurer : c'eut été de lui dire : Non seulement la France ne veut pas vous enlever une parcelle de votre sol cl de votre indépendance,
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