IIISTOIHE SOCIALISTE pour que le gou,·crncmcnt rendit encore cc rntc illusoire. Quelque temps, soucieux de leur mandat, de leur devoir, certains s'émurent de l 'excès des charges locales : le gou,·crrwment leur fit entendre que, pour bien marquer sa ,ollicitude du progrès et du bien-être général, il avait besoin de lai sser les communes et les départements engager ainsi leur avenir. Soucieux aussi de • l'intér(\t de la dynastie», ils ·nïnsistèrent poinl. Au demeurant, l'eussent-ils ,·oulu, il leur aurait ét,' si difficile d'insister! C'était sous 1"0:il d'un agent du maitre, sous la direction d'un pr ésident nommé par lui, pénétré de sa pensée, quïls délibfraienl : M. Billault, d'abord: plus tard, i, la lin de 1s;;t,, .'.Il. de .'.llomr en personne, l'ancien ministre du Coup d'Üat. Ce dernier, d"aillcurs, s'était entendu à les dresser: tour à tour séduisant el hautain, dandy persilleur ou financier compétent, il avait conquis l'assemblée et chacun de ses membres. li avait dissipé définitirnmcnt ce relent de parlementarisme qui parfois encore, au début, quand .'.llontalcri\hcrt prenait la parole, tendait à reparaitr·e. li avait habitué tous ces hommes â causc1·, ü converser des affaires publiques, - que la conversation portât des fruits ou non,~ sans souci de l'opinion ou de la popularité . D'ailJcurs, ici, encore, le pouvoir avait pris ses p1·écautions. La Ch ambre ne pouvait pas devenir un rnorcn de pul,licité ou de propagande. Si ses séances <'laient publiques, le noml,re des auditeurs était restreint; et nul n'a,ait le droit de publier des séances un compte-rendu détaillé. Un compterendu analrtique el bref était seul J)Ublié dans tous les journaux: et il suffisait d'une demande de cinq membres pour que la Chambre fût ob ligée de délibérer en secret. Les travaux du Corps législatif ne pouvaient p lus être livrés à« l'esprit de parti des journaux"· Telle était relie étrange assemblée. Et l'on comprend bien, dès lors, le mot d'ordre d'abstention qui courut longtemps parmi les groupes réJ.>ublicains. L'histoir·e montrait cependant que même les assemblées les p lus privées de tous droits, les représentations populaires les plus infoclèles et les plus impuissantes gardaient, en dépit de toutes les mesures restrictive s, une sorte de pou,·oir d'attirnncc, et que la moindre opposition, surgie de leur sein. évoquait autour d'elle en des temps d'oppression toutes les forces vives de la nation. Le second Empire, lui aussi, pouvait redoute r cette évolution. :\lais, ici encore, le gouvernement de Xapoléon 111,avait su prendre ses précautions. Les citoyens (•laient tous électeurs. li avait été proclamé que la constitution reposait sur le suffrage uniwrsel, et m~me, pour faciliter le vote, on a,ait substitué au v6te au canton et au s,·rntin de liste le vote i, la commune et le ~crutin uninominal. :\bis le gouvcr·nemcnt dirigeait lrs ~lcctions. D'abord, il présentait aux électeurs son candidat, le candidat off iciel, dont les affiches sur papier blanc étaient imprimées aux frais d,· l'l~ tat. Les préfets, suivant les conseils donnés dès 18:ï2, par M. de Morny, agissant officiellement cl non par l'intrigue, soutenaient cc bon candidat,"' l'clai-
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