t,O IIISTOIRE SOCIALISTE hommes de lettres, dé"oués ser·viteu1's du maitre, Granier de Cassagnac, le D• Véron, M. de la Cuéronnièrc el Belmontet suffisaient il donner du lustre à une pareille réunion. M. de i\lontalcmberl semblait seul perpétuer les souvenirs pal'lcmentaires dans celle assemblée de clients. La session dura trois mois (20 mars-28juin). En une séance, le budget fut bouclé. Quelques discussions sur la réforme des monnaies, sur les interdictions de séjour, le monopole des tabacs et les économies irréalisables, occupèl'Cnl le reste du temps. Cette première épreuve allcstait Je bon tranil accompli par les préfets, les généraux, les magistratS. L'idéologie était bien morte; la masse des Français n'armait plus que son prince et les affaires. Enco,·c quelques fètcs, enco,·c quelques discours, el le titre allait couronncrl'œuvrc. Le 16 octobre, le prince partit pour les départements. Encore une fois, en Alsace, au Cent,·c, dans le )lidi, jl promit le calme intérieur el la paix à l'extérieur. Les bourgeois, les paysans, des ou,-riers même criaient: « Vi\'C l'Emperc,11· ! " A Bordeaux, cc fut lui qui dit le mol fatidique: <cL'Empire, c'est la paix! >1 Si l'Empire est la paix, qui, désormais, pour,·a bien faire quelque objection au rétablissement de l'Empire? - Que Napoléon cède donc aux ,·oix du peuple entier: c'est ,111 combattant de février, c'est )1. Berger, préfet de la Seine, qui, dans la ft·te du retour, l'en supplie. Qu'il reprenne la couronne de l'im1i1ortcl fondateur de sa dynastie. « Cc n'est qu'avec le titre d'Empereur que vous pou\'CZ accomplir les magnifiques promesses du magnifique programme que, de Bordeau~. vous venez d'adresser à rEuropc attentive.» Une foule bien stylée emplit les rues : des arcs de triomphe saluent « Napoléon Ill». Il n'y a plus à hésiter: il faut céder « au mouvement national spontané qui porte le prince à l'Empire». Le Sénat est convoqué: c·est lui qui peut seul modifier la Constitution, sous réserve de l'appl'Obation du peuple. Le 7 novembre, il rétablit « la dignité impériale dans la personne de Louis-:\'apoléou Bonaparte». Le 20 Novembre, le peuple approuve. • malgré les manœunes de tous les partis pour empêcher cc rnte • déclare l'innocent Jllo11üe11r. I.e recensement du pléhiscite donne ï.83!!.000 oui, 253,000 non. I.e Sénat ratifie la YOlonté du peuple. Le savant )1. Troplong règle, selon la loi salique, la succession au trône impt;rial. Et, le l"' Décembre, nu soir, dans leurs deux cents Yoitu1·es, flanquées de porte-torches, les membres des Corps constitués s'en viennent solennellement saluer l"Empcreur au ch,itcau de Saint-Cloud. Il y avait longtemps déjà que• l'Empire ,'tait fait. »
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