Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISTE çail qu'il ,enait d'arrêter un nommé Beaury, venu de Londres à Paris pour wcr !"Empereur, cl qu'il avail trom·é des bombes chez l'ébéniste Hou sse!. Lr 1, mai, un décret convoquait la chambre des mises en accusation devant la llautc-Cour, et le procureur Grandperrel décrivait le vaste complot f ormé contre l'Empire, contre )a société Loule entière, cl où se lroU\·aienl eng lobés de nombreux républicains. La police n'avait pas inventé le complot.« Est-ce la calomnie,· que de dire qu'elle le perfectionna•' demande i\l. de la Gorce(\'!, p.113). - Ce ne sera sans doute pas non plus calomnier ~l. ltmile Ollivier que de signaler avec quel art de mise en scène il s'en servit pour effarer l'op inion moyenue. Les journaux ofncicls et officieux insinuèrent que l'Internatio nale devait êti-e pour quelque chose dans cc complot. Le conseil fédéral par isien protesta a,·cc indignation le 2 mai : « Il est faux, disait son manifeste, que l'Jntcrnationalc soit pour quelque chose dans le nouveau complot, q ui n'a S?llS doute pas plus de réalitii que les inventions précédentes du m~me genre. L'Internationale sait trop bien que les souffrances de Loule sorte qu'en dure le prolétariat tiennent bien plus,, l'étal économique actuel qu'au despot isme de quclcp,cs faiseurs de coup d'l~tat, pour perdre son Lemps à rêver la suppression de l'un deux •· Le 8 mai, cul lieu le voie. Il y eut 7.358.786 oui, 1.571.939 11011, 1.804.681 abstentions: 113.078 bulletins avaien[ été considérés comme nuls. ; \'apoléon Ill ,,enait de retrouver la triomphante majorité qui l'avait jadis éle vé au trône. L'Empire semblait consolidé. Cc ful une heure singulière dans notre histoire que ces quelques semain es de juin-juillet 18ï0, qui s'écoulèrent du plébiscite à la déclaration de guerre. ;\'apoléon Ill affirmait plus haut que jamais sa bonne volonté libéra le; il invitait les Français à envisager avec lui « l'avenir avec confiance •· Le ministère se reconstituait, complétait ses cadres. 111.de Gramont, homme de la carrière, prenait le ministère des affaires étrangère;; .\1. Plichon le catholique et le protectionniste, prenait le ministère des travaux publics. A l'e,térieur, tout semblait calme. Lorsqu'à l'occasion de la discussion de la loi sur le contingent, Jules Favre interpellait le ministre sur notre politique ét.-angère, M. tmile Ollivier lui répondait le 30 juin : « De quelque côlé qu'on regarde, on ne voi(aucune quesliQn irritante engagée, et à aucune époque, le maintien de la paix en Europe n'a été plus assurée •· . A l'intérieur aussi, malgré les inquiétudes qui perçaient, on traversait comme un moment de recueillement. Politiquement, dans le parti rép ublicain, ent,·e les réyolutionnaires, dont quelques-uns se discréditaient vrai ment par des altitudes théâtrales ou de puériles manifestations, et les modérés, qui, à l'exemple de Picard, par peur du spectre rouge, semblaient presque d_éjàune gauche dynastique, le groupe de Gambetta, conciliant l'audac e et la méthode, prenait peu à peu la conduite du parti, désormais plus discipliné el chaque jour plus prêt à prendre le pouvoir. Mais, parmi les révolutionnaires socialistes eux-mêmes, une évolutio n.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==