Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

382 HISTOIRE SOCIALISTE ~lais cela suffil~il :1 Comment les socialistes des sociétés qui se refusent à adhérer collecli,·ernenl prendront-ils parl à l'aclion de l'Internationale? Comment adhèreront CClJX qui, pour des raisons divcrses 1 ne font pas partie des sociétés ouvrières? - Et surtout, pour l'heure de l'action, n'est-il point nécessaire que les plus résolus, les plus décidés, se rclrouvenl? Si les sociétés ou,Ti~·res englobent peu à peu toute la masse ouvrière, cette masse n'aura-t-elle point besoin d't.Hrc au moins entrainée par des initialÎ\"es réfléchies 1 - En Angleterre, il y a côte à côle les trade-unions el les seclions de l'lnlcrnalionale !Troisième Proci's, p. 183,: n'csl-il pas ulile de faire de mèmc en France? Dans les premie,·s mois de lSïO, loujours stimulés par ridée de l'action prochaine, les lnlcrnalionaux, qui avaicnl donné le meilleur de leui· effort il l'action purement corporati,·e, semblent s"attacher désormais a créer ou !'('<'réerdes sections nouvelles, à refaire une organisation cffecti,·e de l'intern ,tionalc française, à coté même des Fédérations de sociétés. " Lo force e.âstP, écrivait Bastelica le 2 fêvrier t8ï0; il 1w11s manque le mouvement: nous sommes rlll esprit sans corps. l"apprenli'ssnge de nos ow,riers a commencé p ,,. le syndical. L' /n(('rnalio,wle, r-'es/ la maitrise révolutionnaire: personni!llement el pour [action.je ,·omple moins s11r le nombre que sur la trempe. 11 Sections de l'lnternatiohalc ou, comme disrot certains, sections rérolutionnaircs, sonl établies alo,·s de Lous cùtés .. \ ~la,·scillc et dans le Yar, pa,·mi les ounic,·s bouchonniers, Bastelica fait une propagalllk active. :\Jalon entre en relalions a,·cc les camarades de Saint-Etienne 1er mars). A Lyon, on réorganise la Fédéralioo sur les principes de lïuu-rhationalc. De :\lulhouse, du :'ion!, de Brest, des lettres affluent, montrant que partout l'lntcrnationale susC"ite de nourelles énergirs. ~\ Paris, enfin, au début de n1ars, les sections de lïnternalionale se fédèrcnl, afin de former un groupe plus compacl cl d'élahlir un syslèmc de relations régulières avec le Conseil central.« Ça \'a foire, écrit le 8 mars \'arlin, poursuivant toujours {Juant à h1i son idée d"unc orf!anisation unique, une troisième fédération ouvrière à Paris; c'est regrcllablc, mais enfin le rnauvais vonloir des sociétés parisiennes à s'unir à l'lntcrnalionale nous y qbligc. Plus lord, nous verrons s'il n'y a pas lieu de (u:ûonner. Les sections sont déJ~l au nombre de treize. Cinq sont corporati,cs, cinq locales cinq banlieue ou <1uarlicrs de Paris, et trois cercles: cercle d'études sociales, cercle socialiste et cercle positiviste. » ( Troisiéme prorès, p. :;3 . Hestail enfin une dernière œu,-re i, accomplir: fédérer les fédérations, établir une organisation nationale. Si intime c;ue fùt l'amitié de Yarlin, de ;\lalon, de Hichard, de Baslelica, - pour ne parh•r que des protagonistes des grandes l'illes - leur correspondance n'étail pas suffisante pour donner au prolétariat français une uni lé d'action qu'il éprournil de plus en plus nécessaire. Dès juillet 1860 •lettre à -Hichard, ctu' 26 juillet,, Aubry pal'lait, en reprenant la formule proudhonienne, de la l·ëdération du Travail. Le

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