332 HISTOIRE SOCIALISTE toutes les aspirations du peuple révolutionnaire O Qui donc dérivera son effort vers un but précis et ch1ir? Ardemment, Blanqui travaillé. De Bruxelles, où il réside depuis 1865, il vient souvent à Paris et il y demeure parfois quelques mois. JI s'appelle M. Baduel. Guidés par lui, à trnvers le Paris révolutisnnaire qui renait et tressaille, ses amis, Granger, Eudes, Jaclard, Genton,Duval, recrutent la petite troupe <1ui, un jour, sur l'ordre venu du chef, fera le coup de main décisif. Ce sont les vieilles méthodes qu'ils reprennent ; les unités forment des dizaines, les dizaines des centaines, chacune sous son chef désigné. Un jour, ils seront 2.500. Mais Blanqui attend, temporise. On dirait presque que cette poussée nouvelle le déroute. Le gouvernement impérial est certainement plus ébranlé que la monarchie de juillet en 1839; il éprouve cependant le besoin de perfectionner encore sa méthode d'insunection ; et ses retards mêmes lassent certains comme Jaclard. Quelques mois plus tard, le 12 janvier 1870, quand les masses parisiennes partiront it Neuilly pour l'enterrement de Yictor Noir," appuyé à un arbre des Champs-Elysées, debout dans la foule, le vieilla,·d attentif verra su1;gir ses amis, réguliers dans la poussée du peuple, silencieu~ dans les murmures gl'Ossis ,, tout instant en clameurs. li verra défiler sa petite. armée, mais il attendra en vain le retour». C'est seulement plus tard, la guerre commencée, le 14 avril 1870, que dans le faubourg stupéfait, Blanqui tentera son coup contre la caserne de la Yillette. (Cf. G. Geffroy, l'E11/ermé, (264-287). Admettons qu'il eût réussi ce jour-là ou plus tard : aurait-il tl'Ouvé dans le petit gl'oupe, qu'il avait sous ses ordres. les éléments d'organisation néces• saire pour ce lendemain de révolution, dont il eut toujours cependant la claire préoccupation? Qui sait si ce doute n'est pas la raison profonde de son hésitation? Dès alors, en e!I'et, les militants ouvriers le sentent vague- • ment: les transformations industrielles exigent désormais d'autres méthodes. Le suffrage universel, aussi, en réveillant les masses, rend certainement moins efficace le vieux système de conspiration. Des Blanquistes mème ont essayé de le faire comprendre au Vieux: mais il en est ,·esté finalement à son ancienne méthode. Qui donc alors « créera la pente?» qui donc • dérivera » le fieu_ve? Des militants se trouveront-ils, pour dire à la foule révolutionnaire par quelles méthodes efficaces elle pourra satisfaire ses aspirations? Quelques mois auparaYant, il y avait encore l'Internationale. En cette fin de 1868, Tolaiu, Chemalé paraissent bien encore dans les réunions publiques et soutiennent leurs idées proudhoniennes; mais ils se résignent à l'effort individuel. A Rouen, la section fondée par Aubry se maintient péniblement. A Lyon, dans la ville oü le combat des classes est toujours âpre, les gro~pcs républicains ont tué la section, dès la fin de 66. \'arlin, Malon, Landrin, toute l'énergique deuxième commission est ,, Sainte-Pélagie. Mais selon le vieux mol du Moyen-Age, « les plus mortes morts sont les meilleures,., La résurrection ne va point tarder.
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