330 lllSTOIRP. SOCIALlST~ la lilchc de montrer la rmlte, cl'oricnlcr les masses~ P:-lr quels moyens, par quelles méthodes <l'org~nisation, celle minorité pourrait-clic peu à peu o,-gani.w!r la massevivanlc cnco'r·c amorphe ?Comment pourrail-cllola pousser pc11 à ])Nt dans la rnic des réalîsations socialistes? Tel était vraiment le problème que les mi li tan ts les p 1 us a,·e1'lis, les pl us conscients de leur tâchcallaient avoir à résoud1·c. Ainsi posé, il n'était point nouveau: c'était sous celle forme qu'il a,·ail hanté l'esprit a,·dent de Babeuf, depuis la lettre à Coupé (de l'Oise) jusqu'à la con~piration des Egaux, ou la vive et 1ucide intelligence de Blanqui en 183', ou en fénicr t,8. ,lais quel groupe sc,·ait donc capable de rallier ainsi à lui les foules ouvrières et de les entrainer dans srs ,·oies~ Qurlqucs années auparavant, les coopérateurs l'auraient pu. C'étaient leurs solutions qui rencontraient le plus de sympathies dans les masses OU\'riè,·cs. ~lais les rérnlutionnaires les arnicnt dénoncés; Illanqui a,·ait mené conlrc eux une campagne acharnée. En 18G8, ils venaient enfin d1 éprou,·er un échec terrible: le Crédit au travail, la grande Banque qui entretenait dans toute la France l'ardcu1· coopérative, faisait faillite pour avoir P"'té à tort cl à tra\'ers '1, des sociétés insolvables. C'était la ruine du rnouvc1ncnl. Les coopérateurs, au demeurant, eussent eu peine à s'accommoder i, l'atmosphère ré\'Olutionnairc et leurs tentatives eussent rappelé trop fidèlement l'essai malheureux de 181,8. Mais, à dffaut des coopérateurs, les hommes modérés de la gauche libérale, les députés républicains, héritiers désignés du gouvernement impérial, <;onsentiront-ils à se jeter dans la nH'lée, à faire au peuple ouvrier les conccssio11s qu'il réclame, a discuter avec lui des réformes sociales nécessaires? Pour 'leur bataille même, ils y trou\'eronl intérêt; c'est une foule plus compacte et plus confiante qu'ils c11lr:dncront a,·cc eux, s'ils cessent de se montrer indifférents 011 hostiles 1t cc problème,·ital. Qu'ils fasscntdoncdroit aux re,·cndications les plus urgentes; beaucoup de t,·arailleurs enco,·e leur feront c,·édit. Des socialistes proposent précisément de tenir une grande et solennelle 'réunion publique. Chcmalé, ~lu rat, Lcfra,!çais, Briosne, Tolain, Dcmay, Bihal, Combes, Longuet, Pien·c Denis cl Langlois les conrnquent par un appel nov. 08). Ces socialistes, tou.s pénétrés plus ou moins de pensée proudh.onienne,. il est nai, ne peurent se flatter de représenter les communistes : ceux-là; 011 effet, désapprou,•cnt leur initiative. Mais leur démarche n'on est pas moins sjgnificative; c1Jo prouve que dans la masse socialiste même certains, seraient encore disposés à chercher avoe les hommes modérés de la gauche, un tcr1·ain de conciliation, oi.1 beaucoup se l'elrouvernienL lis rappellent, dans leur manifeste (Siècle du 5 avril 1869) que la « peur du socialisme a été en France, de 1848, à 1851 la cause principale de la perte, successive des libertés politiq11es, laboricu&<Jmcnt conq~ises par nos père,i· ••
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