Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

lllSTOlRE SOCLA~JSTJ;; 31!> nisati.on sociallJ. Ce ne sont plus seulement, comme eu JS(;;;, de jeunes intellectuels ré,·olutionnaircs qui s'opposent aux parlementaires; cc sonl les ouvrier~ eux-mêmes. Leur opposition a,•ait été plus longue à se manifester; elle u'eu fut p~s moins éclatante. Le Congrès de la pai:i; fut plein d'ardeur et de confusion. Les récits que nous en avons éroqucnt au sotl\"eair nos récents Congrès internationaux de libre-pensée. J:.,e héros Garibaldi y dêhita des aphorismes qui surprirent, p~oclama la déchéance de la papauté. ma.is proposa d'adopter la 1·eligion de Dieu. Son enthousiasme fit tolérer ses naïvetés; puis le Congrès établit les bases de la Ligue de la Paix comme organisation permanente. Les délégués de l'l1Îtcrnalion4lc le saisiccnt donc de la question sociale. Les trois délégués officiels ne se trouvaient d'ailleurs point seuls :JO:.Dupont, déléguê de l'Internationale Je Londres, vint Jé~10ntrer que« pour établir la paix 11erpétuelle, il fallait accepter la révolution sociale avec toutes ses conséquençes » ; 13akounine proclama que la Russie ne pourrait être régénérée que par les 1u·incipes du fédét"alisme el du socialisme; el Chemalé déclara que les oun-iers, pour celle fois encore - mais il laissait pressentir que c'était la dernière, - uréscntaient aux favo,·isés du sort l'épée par la pui,g)1ée ! Custa,·e Chaudcy, le ProudlJ.onien modéré, l'édileur du demicr line de Proudhon, parla pour la concili(\tion, pour l'alliance nécessaire eutre la bourgeoisie el le l'rolétariat. Finalement,. deux résolutions furent pl'Îses, l'une qui affirmait« fincompa .. tibilité des armées permanentes avec la liberté cl le bien-être de toutes les cl3:s~es de la ~ociété, prù1c,eateme11t de la classe ouvrière», l'autre qui invitait les membres de la Ligye à faire meure à « l'ordre du jour, dans tous les P.•Ys, la siluatio11 des classes laborieuses et déshéritées, afin que le bienètrc indiYiduel et génôral \"Îenne consolider la liberté politique des citoyel)s». Em,i.lc .\.ccolas célél;tra, dans le Temps, l'alliance du' socialisme el de la liberté politique.« La nolili<\\Je el l'économie, disait-il, se sont reconnues et réconci,liées da,a,s-la justice». La formuJe était belle. La réalité était moins vaste, Ceux qui avaient fait alliance à Genève, <;'\itaientsurtout lesjeunes révolutionnaires et les ouvriers, les 11nsdésonµai,s Jllu,s l'r~occupés encore des réforru_es sociales, les autres prêts à, la lutt.~ qoli!iqu,e. Entre l'opposition parlementaire el libérale et ce nou,vea,u group11me1i~ ~éYo)utioJJIJ,'l.i.re ~ fossé allai~ se creuser. Clamageran revenait dp,Goni:ve, ploin d,'i/T~tatioµ « contre les déclanrntcurs, les fous et Les imb~ciles q,ui, r,endant quat~e jp1,1rs,avaic.nt envahi la tribune, contre la tourbt de& a,\hée_s.e~ des q~oud11oniens ». (Correspo11da11ce, page 292). Dan;i~tl;t, de ~\oljp;tr.i, Cherb11lie~ _avaient ép1·ol1Yé les mèmes sentiments d'impatience et de colère. Quelqu~s sellla.Îl).CSi;,Jus ta.r,d, l'affaire du 4 nove1l)bre a.ccentua~L le diffçrend, ,),u u101,Ucn~oil IOJlll les ennerjlis de l'Em11ire. se réuuissa~cnl J.>OUurne

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==