Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

300 HISTOIRE SOCIALISTE L'acte important du Congrès, ce fut évidemment l'adoption de la d éclaration préliminaire cl des statuts de l'Internationale, dont nous avons parlé plus haut. plais d{-ji1 l'on put sentit· quelques-unes des oppositions qui allaient se ma11ifcslcr au sein nu.,me dt• l'association. l.rs Parisiens firent approuver leu!' mémoire; rnais sur le point cap ital des rrlations du capital et du travail, les délégués ,le Londres, inspirés par lllarx qui avait écrit leu,· programme, firent des réserves. Ils rappelèrent que les luttes ou,·rièrcs étaient pour eux resscnticl; ils dcman,dl•renl au Congrès une d,'daration limitati,·c des heures de trarnil et l'appui de l'organisatio n internationale pou,· atteindre cc but. Les Parisiens défendirent leur co nception anti-gré\'ÎSlc, et (~ au nom de la libcné des contrats cl des conll·aclants ~ repoussèrent l'idée d'une intcn•cntion de l'Internationale dans les c onflits de t1·arnil. Opposant, pou,· employer des termes modernes, une co nception purement coopérative à la conception syndicaliste des Anglais, ils développèrent un projet qui faisait de l'lntel'llntionalc une • société co opérath·c uni,·er,elle à capital variable, et il mise mensuelle égale», OU\'rant partout des magasins où les associés fc1·aicnt des échanges égaux, et commanditant "les associations coopératives qui lui sembleraient réaliser l'idée d e justice et de solidarité entre tous les membres n. l.a résolution prise par le Congrès tint compte du présent, selon· le vœu anilai~: aux Proudhoniens ... , rllc donna l'a,·cnir . .c-1..,.cCongrès, disa it-elle,. dcclarc que, dans l'état actuel de l"industrie, qui est la guerre, on doit se pr,'tcr une aide mutuelle pou,· la défense des salaires. :\Jais il e st de son dc\'uir de déclarer en m~mc temps qu'il ra un but plus é)e,·é à atteindre: la suppression du salariat. Il recommande l'élude des moyens économiques basés sur la justice et la rériprocité •· Celle résolution contradictoi,·e et le débat nH'mc dont elle était.le résultat indiquaient par a\'ancc le drame qui allait se jouer. Ceux des lnt,:rnatiunaux qui \'Oulaicnt tenter de réaliser le proudhonisme devaient <'Ire débordés par le mou\'emcnt ouvrier lui-même. La politic1ue à suivre, c'était la politique rraliste de :\lar,, qui, dès alors, comme il l'expliquait à Kugclmann dans une letll·c du \l octobre 18üü, se limitait,,: aux points qui permetlent une entente immédiate rt une action commune des ouvriers, et qui donnent immédiatement un aliment et une impulsion aux besoins d e la lutte de classe et à l'organisation des ouvriers comme classe:.. Les circonstances, plus fortes que les hommes cl que leurs théories, allaient ramener les ouvriers parisiens et les Internationaux fran~ais à celle politi'lue révolutionnai1·c. Sur l'heure cependant, en cette fin de 1866, ils furent encore june fois occupés cle leurs démèlés avec les Blanqnislcs. A Genève mèmc , Protot, Alphonse Humbert, Jeanou, Lalourccy a\'aicnt été admis au Congrès, malgré leur opposition, et leur avaient reproché là leurs prétendues acco intances avec le Palais-Ho)'al. Brusquement cependant, et sans que nous sachions

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