268 IIISTOIHE SOCIALISTE pagandisle, qu'elle soit maudite ». Et Vermorel, à son tour, reprend l'accusation : « L'Italie a troublé la paix du monde; au lieu de profiter de la position que lui a,·ait faite le concours de la France pou,· affermir chez clic la libc1'lé el la prospérité, elle s'est jetée volontairement dans des aventures insensées. Qu'elle supporte donc toute la responsabilité de son entreprise ». Les socialistes ne se laisseront donc pas entrainer par les préjugés nationalistes, dont le parti républicain n'est pas encore dégagé. Ils savent qu'il n'y a de sécurité pour l'Europe que dans le développement de la liberté des peuples; que dans la suppression des pouvoirs militaires, des États de force et <le brutalité; et s'ils s'inquiètent à la pensée d'une guerre, s'ils s>opposent <léj:1 de toutes leurs forces aux entrainements nationalistes, c'est qu'ils redoutent de ,·oir la classe ouvrière de tous les pays, à l'heure même où clic commence de s'entendre, de collaborer uni,·erscllcmcnt ü l'œuvre de son émancipation, détournée de cette Ùche par les préjugés politiques et nationaux. Hien de plus frappant 11 cet égard que les adresses é<:hangées entre les groupes d'ou\Tiers, d'employés et d'étudiants, de Londres et de Paris, A l'adresse des étudiants de Paris que nous avons citée plus haut, des« ouvriers de tous pays» avaient répondu de Londres, et le Conseil centrnlde l'Jnternationale, sans prendre officiellement à son compte leur adresse, s'était chargé de recucill ir les adhési_ons qui pou 1Taient 1 ui ètl'C don nées.D'ailleurs les signataires, Dupont, Shaw, Lcl11bez, E..carius, Lcssoer étaient Lous membres de l'association. Les ou,Ticrs, dis~it l'adresse, maudissent la guerre, comme les étudiants; car c'est eux qui eu portent le fardeau~ c'est eux que le canon broie par millic1·s sur les champs de bataille. « Le pauHe n'a pas de patrie; par tous les pays il endure les mêmes maux: aussi il comprend que les barrièr~s dans lesquelles les puissants avaient parqué;les peuples pour mieux les asser\'ir doivent tomber». Et les ouvriers de tous pays invitaient leurs frères à ne pas se laisser détourner par l'enthousiasme guerrier de la préparation du Congrès ouvriel' fixé en septembre. A leur tour, les membres parisiens de l'Internationale rédigeaient une adresse. Ils y rappelaient en termes éloquents la montée générale de la démocratie. La démocratie, disaient-ils, n'est ni anglaise, ni française; elle est universelle. Elle appelle toutes les nations au Congrès ouvrier, qu'elle tiendra en septembre pour résister au développement de la féodalité financière et de la misère qui en résulte. Déjà des liens de solidarité s'établissent; une idée nou,·elle va surgir dont l'annonce seule fait tressaillir le monde. « Mais quoi! tout disparait. Un1brouillard intense et nauséabond enveloppe la terre et semble présager à l'humanité une destruction complète. Qu'est-ce? ... C'est ... C'est... Ah! debout, peuples! ... C'est la guerre ... l'horizon s'illumine; c'est le canon qui vomit la mort et projette dans l'obscurité ses sinistres lueurs; la terre tremble; c'est le choc des hommes succé-
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