HISTOIRE SOCIALISTE l'crulanl les premiers mois de 186:l. en particulirr, sil n'avait tenu qu·au'- tr::l\·aillt•11r~parisi<'ns. Xapoléon Ill c,H immédiatement engagé la gu<'rrc pour· la ddensc dr ln l'olof(ne. Ils adressaient une adresse de propagande à C1.artoi·i~ki: ils 01·gani~aicnt <l<'scollcctc-s: ils crH·oyaienl une pétition, - mal rc~·u(• d"ail1('111:--. :1 celui qui aYait en mains« l'épée de l:l France•· L~ queslion fut le prét<·,te choisi pour établir des relations nou,clles et plus fonstnnl<'S, plus rl'g-ulièrcs entre le:--deux prolétariats. · ~lais. il le faul bien marquer, ce ne ful lit qu'un prétexte. Depuis des mois, les ou,TÏ<•rs franf'ais poursui,·aicnt ohstinèm<'nl leur idée de relations inlcrnntionales, cl il r,t probable que de l'au Ire côlé du détroit, le cordon• nier EtTal'ius, le 'l'h111·ingirnréfugié à Londres, ancien membre de l'Alliance des Communiste", ami de :\lal'\. el ami du lradc•u11ioniste Odger, dr-vail pousser dans le m,·me ,~ns les membres du Trades-Couneil. Lors donc que ln question polonaise surgil, elle dc\'Înl imn1édia1cmrnl un prétexte à mauifcstations communes. C'est lit 1111fait fn'qucnt dans l"histoire prolétarienne. que la p1cmière rencontre de~ militants da11s d('s manifestations sentimentales, d'oi1 sort ensuite one organisatiou ::-olide. Les 011\'riers français et anglais l·t·ha11~èrcnt ùc~ adresses; mais l<'s Fran<'ais durent s'en lcnir là jusqu·cu juillcl. lis élaienl lrop occupés par 1<.·urIH.'M>g-ncl;lectoralc. En juillet, enfin. Tolai111 Perrachon cl Limousi11, pour apporter une t'i5ponsc f1 une adresse des ou, 1 icrs anglais, firent Ir rnyagc de l.011dres. Ils a1Tivèr·ent le 21 juillet et assistèrent le soit· même à un meeting il Saint-Jam<-s-lfall en fa"eur de la Pologne. Tolain a raconté ce 111ce1i11gdans une lettre à !'Opinion .Ya1io11a{e du 2~ juillet. (luand le présitlent prononra le mol de guerre en fa\'C•ur<le la Pologne, un cnthousiasmccxlraordinairc lui r(•poudit. • Celle agitatiorr se reproduisit lorsque la dépu• talion des OU\'riers fran(·ais fit son ('11trl·c. Xous nous le\·àmcs tous comme lt;moignag~ de noire \'n'U :udcnt po11l' une alliance guerrière en fa,·eur dr la Pologne.• Toul le monde répudia les trait,'s de 181~,.cl l'on prit jour· pour u11 nouveau meeting oi, parla Oclger. Odger n'dama ia paix du monde, la prolection du lra,ail contre le capitalisme. Il demanda des congr,•s internationaux, cl <les mesures pour empêcher que les ou,-ricrs d'un pays ne vinssent t;migrcr dans un autre pays, pour y dl'primcr les salaires. On \'Ola d'ailleurs l'adresse polonaise. ~lais il faut signaler· déjà l"esprit !rade-unioniste. Dans l'o1·ga11isation intcrnationnlc, cc que d1('rl'hcnt 1cs syndiqués anglai ..., ,..est un moyen <Ir défense de leurs salaires, dt's hauts salair·es que possi-de l'.\nf(lclene. Pour eux, l'internalionalismc fut d'abord du protcclionrrismr. L'adresse rotée fui répandue dans lrs ateliers. Cc fut pour le pclil groupe de Tolain el de ses amis une occasion 11ou,·elle de propagande. Cnlainemcnt, alors. le projet d"une a,socia1io11 internationale régulii-re fut ngil<'r; drs idérs durent l'ire échaugées. :-ious ne pouvons malheureusement pas suiHe, arr jour le jour, toutes ces relations penda11t les dix-huit moi, qui s<-parent le meeting de Saint-James llall de cciui de Saint-Martins-
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