Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

I IIISTOlHI~ SOCIALIS'l E Le rédae1c111·de U lpù1io11 usa d'un tl'Ul' assez vil. Le J 1 mar;, jus le deux jours après la drculai,·c de Tola in, Chahnud qui semble décidément plus que jamais, l'homme à Loul fail'cdu Palais-Hoyal, posa sa can<lidalurecontrc Tola in, dans la ;,e circonscription. Le 13 mars, l'opinion Xationate publiait son manifcsle. Il y rappelait son l'Cfus d'accepter la candidature en mai 1863, et il arguai! de la liberté des élections c'csl-ù-dirc de l'absence d'un comiLédirecLcur) pour eéde1· ~ aux nouvelles offres » qui lui élaienl failcs. Surtout la suite de sa déclaration ,·aul cl'ètrc retenue: elle souligne le caractère clc classe de la candidature Tolain. :'Je ne chcrchf'l'ai pas, disait-il, ~t faire croire que l'entrée d'un nouveau dépulé au Corps législatif aura pour résulta! la solution immédiate de tous les grands problèmes sociaux et la jouissance de toutes les libertés. Je dirai seulement que lit où l'on vcul enlrclcnir la haine et la discorde entre patrons cl ouvriers par l'éloignement des deux parties (allu.!)ion r.ux chambres syndicales ouvrières, je veux qu·un rapprochement s'opère pour établi,· ,ur des bases solides l'union et la concorde indispensables au développement de lïnduslt·ic ... En présence de ceux qui veulc11t un d1angemcnt p1'ompl et radical d(' notre organÎ!-W.lion sociale, je Yeux que ces changements s'opèrent graduellement et sans S<!cousse ». .\insi, sans qu·un mot, un seul, tlu manifeste des soixante <ll~cclât une intenti(~n de déchainer la guerre sociale, alors qn'au con Ira ire les conceptions de Tolain, it les prendre,\ la lcllre, semblaienl tendre ù la paix sociale, ses adversaires dénonçaient en lui d~jà le candidat de classe et le ré,olulionnairc. Sous la lcttl'e, les ennemis clairvoyants dcYinaicnl l'esprit. ~lais it quoi lcndait donc la candidature de Chahaud ? - .\llcnclons trois joul's, et nous cornprenons: le Hi mnrs, Guéronlt. dans rarticlc impol·tanl oll il C'xaminc les candidatures en présence, lâche Tolain avec une mai'·stria étonnante. Il faut t'ilcr enco,·e et textuellement ee passage du journaliste démocrate. 11 laut qu'on sache awc quelle bàssc hypocrisie la première candidalurc de classe fui édncfo par la bourgeoisie. S:l\ourons le lnlc de Cuéronlt: « Cc qu'on avait prévu, dit-il, ne s'est que tl'Op ,·,•alisé. Les Otl\ ric,·s se sont divisés. Au manifeste a répondu un cont1·e-manifestc. Les Ôn,1·icrsqui se ratl;"tt·henl aux lradilions du Luxcmbou1·g onL fait opposilion aux délégués de Londres. Que dis-je:> les délégués dr Londres cu~-m,'mcs 11ese sont pas en Lendus, et la candidature de ~l. Chabaud est venu foire éd1ee à celle de :\1. Tolain. Puis, corn me si cc n'était pas assC'z de celle gucl'rc fratricide, ces ouvriers qui a111·aicnl clll conserver ;t 1.i eandidatu1·c par en~ choisie son caractère e,rclusit-emenl éconrmiique Pl social, cl éviter toute compromission politi-quc, ont eu la malheureuse idée de demander 011 d'accepter uu patronage politique qui leur altil'ail des inimiLiés cl des suspicions, sans lcul' donner aucune force. Dès lors, la partie était perdue; il ne fallait plus song-er à ~I. Tolain ». Guél'C,ult.. oublie que la ea11didatu1·cde di,crsion n'a t:té posée (Ill(' deux jours aprl•:,;la l'În~ulairc de Tola in et de ses démocrates; maiio il oublie sans doute aussi que les candidats républi<'ai11~,quelques mois plu!' tùt, auraient

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