Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISTE action plus hardie, plus déga_gèc, afin de h.ltcr I1obtention du droil de grève on de la libcrtr d'association. Peu à peu, profitant de la <lcrni-toli·rancc arcol'dêe, ils 1·isq11èrent cnco,·c quelques pas en avant. L1cspacc ~1011smanque polir pou,·oir suin·c, dans le plus grand détail, le mouvcmc11tdcs idées dans le prolétariat parisien, pC"ndant cC's éll'angcs premiers moi~ de J8üJ : cl d'ailleurs les documents ::-ont, il tout prcndrr. peu abondants. Certain~ traits cependant, encore peu remarqués, pcrmcttf!nl de• deviner le progrès qui se fit. Et d'ahord, le fait. trop nëgligé, de la constitution de deux groupes Ott\'ricrs df' souscription, pour rcmédirr ù la crise cotonnière <p1i sé,·it à f(• moment-là. l.a guerre de st·ccssion. en effet, a,·ait tari presque cornpl(·tcmrnl l'arri\'agr du t·oton anH:1·icain. Or sur 8:i0 millions <le kilog-1·am111cs de eoto11 employés alors en l·:uropc, les 1::1ats-Llnis en fonmissaicnl ïlG I Ccsldirc suffisamment lïnl('nsité de la t·1·isc. Les industriels du ~orcl, eux. 1< se rrlol1rnèr('nl », substituèrent la lai11c cl le lin au coton: mais en :\"ol'lnandic, la misère- fut l·pou\'antablc. l"n douloureux frisson courut dans le monde impédal, lol'squc des journalistes. comme Pcssard, révélèrent les souffl'anccs des tisseurs de la Sci11c-lnférieurc. Les journaux, les journaux démocratiques surtout, ou,Tircnt des souscl'iptions; }'Empereur unit ses efforts aux leul's. Ceux des ouvriers qui p1·étendaienl affirmer la maturité de leur classe. ne pouvaient demeurer en al'l'ièrc. Tous furent unauimes. :\lais il fut frappant de ,oir se détachc1· alors le petit groupe d'a,·ant-gal'de. Le 20 janvier, en t.::ffct, l'Opùtion 1Yn.tionale publia un appel aux 011,-ricrs, .-éclamant de tous 10 centimes par semaine pou1· les cotonniers. « C't'.'st la question du chômage, y lisait-on, qui se pose dc,·a11t nous dans toute sa hideur, et qui semble nous accuser den a,·oir rien prén1, rien organisé; c'est !a question du chùmagc qui sïrnposc et réclame une solution pal' 11nt mulucllc assurance au nom de la solidarité cl de la fraternité». Cel appel était signé de Hipel'l, chapelier; Yuillennot cl Cérigcon, ouvriers en papiers de couleurs; Coutant, typographe; Penachon. monteur en bronze; Cuérincau, gantiel'; Tolain, ciscleu1·: Blanc, typographe: Hc,·cnu, peintre sur porcelaine; Carral, tailleur: Hoyancz, mégissier; Flandre, ciseleur; Kin. moteur en bronze; Davezac, i.ypogl'aphe. Pcrrachon avait signé nagut·rc la pre,nièrc brochure ou,Tièl'c; <lésol'mnis, il n'allait plus jul'cr que par Tola.in. Le 1'ljat1\'Îer, cc groupe, augmenté de cinq nourcaux mcrnb,·cs, publiait 1111 110uvel appel. - Or, le :!ü, toujours <lans }'Opinion .\'ationah•, paraissait un .aut1·c .:ippcl 1 émaJJanl cette fois de la commission ouvrière qui avail présid(· aux délég:1tions de l.on<lrcs, et désig11anl comme collecteurs, p1·écisément ces dc)égués qu'elle « co11sicléraît, disait-clic, i1 jusle Lit1·e, comme les repr(•. sentants <le la classe ouv.-ière ». Cc nourci appel esl signé de Chabau<l, .c fcrb)anticl'. président de la commission, de \Ynsnchooter, Cranclpierr<·, Oargcnl, et de nornb,·eux aulres délégués. JI n'y a ccrles, dans cet appel, aucune pat'olc de désapprobation pour l'initiative du prcmic1· groupe; rien

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