Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

HISTOIRE SOC:I.\USTE créaient pour CU;\ les fa,·curs nH\mcs du pouvoir, les prolctaircs pari-.irns n'étaient pas en goùt d'absLC"ntion. lis allaient ,·oter en 180:-{ pou1· lc-s opposants, un de ces opposants s'appcl:H-il ThiC"l'S. E11 18(12. ils prolitaic11t df's avances du pou,·oir: el la crCation <le la commission ou,Tièrc, la nomi11ation même des delégués, malgré l'indépendance dr- certains. potnaicnl èt,·r le premier pas Ye1·s une alliance ~"'cc rEmpirc. Toiain <'t ses can:1aradcs t·taicnt alors, si l'on veut, dans l'étal d'esprit du tradc-unionisnic an~lais, d'aneirn style, cherchant~, obtenir du parti au pouvoir les plus ~rands a,·antagrs possibles, quille :'1le I,lchc1· en:-:uitc le joui' oll il rH' scn·il'ait plus sf", intérèls professionnels. :\Jais, i1l'heure même oll il lui est donn(~. 1111parti n·("n bénl•fici(' pas moin~ d'un semblable appui: et l'E1npirc pouvait en profitripour s'assu1·er, ..pou1· se consolider. l.à élait le dan~er: rnais IC' voyage de l.011d1·cs. lui-même, fut l'anti<lott:'. Ce fut la pn~cision nouYellc qu'il clo11na à la c._•on~('icnee quE' les ou,ricrs parisiens aYaicnt pris de leurs intél'êls de dusse. cr fut la t·onlianC'C <1u'il leur donna en une action ~tl'ictcmcnl indCpc11dante. qui lc-s aida .'1 se dégager de la protection du pou,·oir cl ù poursui\'l·C sc-uls IC'ur bcsogn<~ d'l'1nancipation. Au point oi1 en i'•taicnl les 011,Ticrs pa1·isic11s. lc Yoyagc d<' Londres clen1it leur être, en effet, des plus p1·ofitable. La gènC' oll les plongeait la di~pn1portion entre leurs salaires cl les prix des denrées les po11ssai1 inslinl'livcmcnt i1 l'action syndicale cl à des grè,·cs qui leur a,aicnt dl~ jusqu'alors légalement interdites. Or, ils allaient trou,·er en .\nglctcrrc, Jans prc:-.quc tous les métiers, des ou\'rÎers dont le tra\'ail, qu'ils cslimaiC'nt d'ailleurs d~ qualité inférieure au leur, était mieux rétribué: <les 011,Tiers qui, sou\"cnl, ne faisaient que dix heures de lra\'ail par joui' cl parfois moins: des ouvriers fJUÎ discutaient lihrcmenl du taux des salaires avec leurs patrons, dans des commissions mixtes; cntin des ouYricrs lib1·cs de s'u11i1· dans des sO('Îété:,;. corporati,·cs, libres de refuser collecti,·cment leul'S bl'as, lorsque le laücu1· dr ces bras n'était point payé à son prix. Outre rExposition, lrs clélëgw:s visitèrent des ateliers. Jls furent tous ,·i,·cment frappés de la situai ion des prolCtaircs anglais. Quelques-uns, <les jeunes. ,·oulurent mt~mc jouir immédiatement de ces conditions meilleures, et demeurèrent en .\ nglcterre. Les autres reparti1·cnt, mais conYaincus plus que jamais de la nét·essitl• des réformes qui leur tcnàienl à co•ur. de l'urgence qu'il y a,·ail i1 les obteni1·. A Jeur retour, ils rédi?ërenl leurs rappo,·ts cl les sou111Îl'(•nl à leurs commcltants. La plupart de ces rappo1·ts se composent d'un bref historique. d'uu examen technique des expositions du métier, enfin d'une condusion oii ~e trouvent expritnés les besoins et les \"(l'llX des ou, riCl'S <lr la profession. {/lapporls des délêgnès des ouvriers parisù•ns ù !'R.1:posilion de Londres en 1862. Paris, /NliZ-oH Ces vœux, c·étaienl naturellement, encore une fois. ceux que ré,·élaicnt depuis des années les actes illégaux de la classe ouYrière, ceux qn'a\'aicnt

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