Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

lllSTOIHE SOCIAI.ISTE l(j:) l}()lc, i1 Poligny; on y lisait les brochur<'s du maitre, h·~ lcllrc!'I :ulrcssl•('s dr ~anvoo pnr dC's amis, et ron ou\·rait des sousca-iptiou~ pour la t·oloni(' communiste. A :\larseilh·, le p1·ocurc11r signalait l•g-al<'rnent 1111g-rouprmcnl irarir-n de 30 à t,0 m('mbres. ~lais" la plupart d'C'r1lrC' <'IIX, disait-il, faisaient remonter à 1811'i et it 18118, IC'ur initiation :ni\. doc-trin<"s ùe Cabet • et le fonctiounnirc imp(•rial notait que da11s son ressort <r lc:-tpopulalions scraiC'nl plulô-t disposées il sui,·rc toute doctrine qui aurait pour but i111médint rl direct de prendre l(' bien d'autrui, qu'à s·asso(·Îc1· au, tlwories ,·ag-ucs dC's utopistes de l'écolr icarienne. qui tendent indircctc111cnt au 11u~111c but, pur la ,oie de l'association et d'un c_•ommunismc pratique plu~ (Hl moins rl•uulii·- rcmf"nl orgauisé 11. 8B 30_ '1IG En d'a11t1·cs IC"rmcs car il faut toujours traduire les lC"xtcs des p1·oc11r('t11·~. ce n'ètait point, c-a rrprPnanl les formules dt•~ ,·ieillrs t.~coles, <(Ul" les populations ou,-riêrr~ sonqeaii•11! il <'"-J)l"imcr leur rt•H~ndiralion. )tais, si les é,·olrs et leurs querelles avairnl lassé Ir prolétnl'iat, elles ne lui (."Il a,·aient pas moi us ll'gm~ tout nn patrimoine d'idl·<>:-iet d'aspir-ationç,, quïl ne \'(Halait point laisser 1u--nlr<'. Bcaut•oup de proll~taires ro11tinuaicnl ÙC" lin', nou point rxt·l11si,•c111r11t Ir, livre~ tl'un maitre. cl'u11 prophèt<', mais tout(>-.. les hrodrnn•-.. de propag-,rnde on de t·irron,ta,u•e pit•11:-,cmcnt t·onst.·1·,(~<'~ depuis 18'18. « l.rs liv.-es politiqu<-s 011 philosophiqur-.~ publiés l'll 18118 1 1~c·1·iYait le prot'urcur <le- L~on. cou~er,l~ ...,oigneuscmr-nt dans cc1·lai11t•~ farnillrs, mai11tienncnl 1t•s tt·aditions ég-alitairrs t·l contribuc•nt à foin• dun~r IC'urs rspt'·- raners rnau,·aises ... l.rs élurt1bl'alio11s des lw111rnes dl' l8'1S 1·t:'ï)n11dcnl lrs: ic.h~t.•socialistes dan:, les ma~ses et y t.·onscrH•nt sou, la rt.~11drc le feu cfrs r,•,olutions, lî juillet 1s;;u,,BB:10.:rn>. Les ,·ir11x aussi, étaient là pour 1·arontc-1· lr11rs luur-., leur!-. C'rîol'ls Ùt;<,·us: cl ils tra11-.mettaic11l ft leurs fils tout cet cust•mhlP dïdét•~ ,,ague~ t'l ::.-pontnnémrnt <·hoisics qui constitue une tradition. J>c lïueroyablC' rnou,·cmcnl d'idées qui les a\'ail entrainés de fé,l'ÎCr ù juin, ils a\'aÏC'nl l'l~tt•1111 qur la Hépublicpu.• <le,·ait être ◄( démocratique et :,oeialc •· 1-:t il:, an,i<·nl rc•tenu aus::,i la forrnu le de quelqucs-u11cs dr-C'Cs réforme:, nl'ressaircs, urgcntr~, par ou la Hépublique " démoc1·atique cl sociale » dc,·ait 111anifcstcr 1111 jour s011 {'\.Î~tence. De 18j2 à Jl{()J, c·c,t poura\'oÎr acdamt• rcttc « Hépuhliquc dl'mo~ rratique cl sociale •, que les militants 011,-ricrs furent ~ans cesse arrt."·té"'. Pour eux comme po111· les ré\'olutionnaires parisiens de J8:Vi, dt.• u;:m ou de ft'Yrier ',8, il n"étail point de Hépubli<1uc sans transformation social<'. De nornhrcux documents judiciaires l"attcslcnt. Si. dans I('-. ccr\'eaux ouvl'icrs, la pensée so6aliste est alors bien vnguc, bien ronfusc, elle persiste nèanmoins; et Jcs idées générale'-, communes à tou-.. lrs systèm<""S, plus ou moins clt.~formécs, plus ou moins grossies, demcure11t crpcnda11t frappées su 1· les mémoires. Les ouniers - c'est la règle générale, celle qu'on obserrn pendant tout

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