Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

:106 1-!JSTOIHE SOCIALISTE !'éclamcr unanimcmenl ·une pa1·t de pou\"0Î1·, et, dès l'abord, une pa1'l de contrùlc. Tous, républicain;;, oi·léanistcs, légitimistes, catholi<111cs. qui arnicn: connu toui- i110111·la du1·c p1·cssion du gou,·crne111cnt, b11dg-êlai1·c11ou pn,tectionnistes, brouillés a,·cc l'J'.:rnpire. exclus du bênéfice de la cantlidatu1·e officielle. ils ;il laient a,·oir le même prng1·;11umccommun, celui que les Cinq avaient fonnulêtla11s leurs amendcmcutssuceessifs,ctdon1 lousaq1Îcnt app1-is à connait1·c le pl'i.~. lh ne pournicnl les uns ni -les autres exprimel' leu1· idéal; ils ne pou1·aicnt, sous peine tl'êt1·r, frappés, rêcl:nnc1· le l'êtablisscmcnt de la Hépuhlique n11 fai1·c du 1·eto111· tic h_•111·sp1·i11<-cs1111 11·ticle.de leur prog1·arnme. )lais com111c Jules FaHe uu E1·nesl Pienrd ils allaie11t 1·éclamer le d!'oit de co1111·ùle des 1·cprésentanls, la libei·lé de la presse, l'autonomie municipale, 1111s11fl"i·ageuni,·e1·scl sincèl'c, non tl'Uqué. le ,·oie du budget [Hll' article: ils y ajoutc1·aient la diminulion des impôls cl la rêduclion de l'armée; cl qucl<p1es orlêanistcs mème ne craindraient point de parler de la nêcessitê de 1·elc\'cr la condition des classes pauvres. l.e prog1·an1mc de la bourgeoisie orléaniste devenait ainsi le 1nê1ue<pie celui de la bourgeoisie 1·épublicainc. l'ou1·quoi une alliance étroite ne se sernitelle pas refaite contre un pouvoir opprcsse111·, comme elle s·êtait faite en juin contre le prolétariat? La difl'éi-cncc sci·ait cette fois que l'on admettrait le prolêta1·iat: on a,·ait besoin de ses \"Oix. C'est ainsi qu'il fut question sui' cc prog1·arnmc commun de constituer tous les opp1•- sants ù l'Empire en une ,·aslc Union libêrale. On y 1·e11orH;a; on se contenta d'un accord tacite. mais é\·i<lent. Ceux c1ui a\·aieul gardé le souvenir le plus vif des è,·èncmcnts de 181,8,ceux qui avaient souffert de la pcl'fidic des républicains du lendemain H\"aient CITeffet 111anifcsté de l'opposition. Su1·tout les chefs républicains co11rn1c1u;aicnt ù sent fr <JllCles ouvt•icrs pa1·isicns les suivaient moins docilement..\ l'heure oü, pour agir plus efficacement, ils songeaient à s·adjoindrc • des 01·ate11rs •, à l'heur() oi1 i'-:milc Ollivic1· iusistnit auprès de Thiers, qui faisait la pet ile bouche,· pour qu'il acccpt,H une candidature, quehp1cs prnlét:1i1·cs déclal'l\ÎCtll quïls ne pouvaient voter pour le massacreur de la rue Transnonain. Enfin, il faut bicu le dire, les querelles mesquines des rêpublicain's bourgeois, n'êtaicnt point propi·es /1lem· as~ure1· l'appoint des forces ou, riè1·cs. eDe fait, cc n·êtail poinL _un bien beau s1>ectacle que celui donné allll's pa1· lcs protagonistes de l'opposition rêpublicaine ou prêtenduc telle. Chaque pclil groupe prétendait conduil'c le mouvement, exercer ~ sa dîctatut·c N. Qu'on lise le récit de ces élc~lions dans le petit linc impartial de. Victor Pic,-rc (LN éleclions de 1BG3), parn au lcn<lcmain de la lutte, ou dans le ohapilre que i\l. ,::mile Ollivier !cul' a consacré (Empire libéral, \"l, 215/, on éprouvera la même impression d'une cuisine électorale fort dêplaisante. En l'absence d'un contrôle suffisant de l'opinion publi<111e,ou plulVl d'un corps électoral politiquement éduc1ué, lous les ambitieux intriguaient: les

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