11,0 IIISTOIHE SOCIALISTE Jltqas ! crltc politique « si sage, si modérée» dc\'aÎL encore une fois, pour le malhcul' c.lr la France, se laisser dérouler par les évènements. Entre les sollieilatlons de ses entourages, l'Empcreur 11'a,·ait point la fermeté nécessaire po111·pourstd\'l'e lon~temps une politique quelconque. Et ses relations avec les partis le préoccupaient trop pour qu'il se fit des choses une idée nette cl indépendante. l><'puis mars 18ü1, il avait cssay,; :n·ec Yictoi•.Emrnanucl et son ministre afft.~t•tionnl' Hattazzi d'arracher au papC" un modus ,•i11rntli portant que le stntu quo kl'l'Îlol'ial se1·ait maintenu: et que le pape garderait Home mais accorderait i, ses sujcls des réformes en rapport a,·cc l'esprit moderne. C'était en Yain .• \ ntonf."lli, k mi11i~t1·c pontifical, a\'aÎl répondu pa1· un refus catégorique; et l'i<' IX, d<'jù, anathématisait les principes niodcrncs. \"apoléon 111, irrité, redoublait de complaisances pour le royaume italien : il obtenait de la llussic sa rern1111aissa11rn officielle juin 1862). Il suffit d'une p1111ss,'enou,·ellc de l'unita,·ismc italien pour que l'inconstant E111percu1 fil en,·orc une fois ,oltc-face. En juillet, brusquement Garibalùi déba,·quail en Sidlc; ses partisans fanatiques multipliaieut ks manifrstatio11s mystiques, rriaicnl: • Rome ou la rnort ! » Et leur troupe marchait si11· la ,·api tale dési1·éc du peuple italien. C'était le gom·crncmcnl italien luirn.~mr, c'étairnl les troupes de Cialclini qui l'arrêtaienl, au pl'ix d'une bataill('. a .\s;nomonle aolll 18(;2 . )lais le gou\"crn<-ment, fort de la correction :nec laquelle il vcnail de se conduire, déclarait à l'Europe « que la nation tout entière demandait sa capitale, et que l'état de choses actuel, dnenu intolérable, /inirait.pn,· nrnir pour le gouvernement du roi des conséquences extn'-mcs, qui cornpromcttraicnl de la manière la plus gra,·e la tranquillité de l'Europe et les intérêts de la catholicité :> 10 septembre 1802. L'.\ngleterre applaudissait; l'.\ulriche s'inquiétait. Napoléon Ill allait-il décidt'mcnt sauter le pas, s'engager résolument, en dépit des criailleries catholiques, dans la voie libfrale? Le prince i'lapoléon cl ses amis l'en pressaient vivement. Ce furent \Valcwski et l'lmpératl'Î('e qui l'emportèrent. li y avait déjà des mois que le ministre des Affaires étrangères, ~I. Thouvcncl, partisan de la lin de l'occupation romaine, devait se défendre contre celle influence. Entre !'Empereur libéral et l'impératrice catholique sa tàchc était plutôt pénible. u Les Tuileries lui donnaient plus de besogne que toute l'Europe n. Un voyage des so1"·ci·ains à Biarritz assura le triomphe de l'Impératrice. Elle avait évoqué dans l'imagination impériale l'approche des élections de 1863; elle lui avait montré les catholiques de plus en plus inquiets et hoslilcs. Dans l'espoir de les rallier, !'Empereur avait cédé. En octobre 1862, ;\(. Thouve11cl était congédié; :'Il. Benedetti était rappelé de Turin, ~!. La Valette de Home; et :\1. Orouin de Lhuys, le ministre agréable au Saint-Siège, reprenait le portefeuille des Affaires étrangères, Il signifiait' à Turin <1u'il n'entendait donner pour le moment aucune suite aux propoai-
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