JOO IIISTOIRE SOCIALISTE ment de temps plus libres furent accusés d'ètrc affiliés à la société de la Marianne, si redoutée <lcpuis 1830, ou il la Charbonnel'ie, dont Je souvenir hantait les policiers de l'ancien carbonaro, parvenu au pouvoir. Par contre, ce furent de véritables conspirateurs que les frères Jacquio, Dhénnin ou leurs amis qui, la mèmc an née, projetèrent de faire sauter le train impérial entre Pérenchies el Lambersart, sur la ligne de Lille,, Tournai, et furent condamnés de ce chef. En 1855, l'attentat de Pianori et l'attentat mèmc du maniaque cordonnier Bellemarc ne semblent pouvoir ètre mis au compte du parti. i\lais de nouvelles poursuites, à Pads contre la Marianne, à Lyon contre les Voraces, attestèrent la persistance des projets républicains. Cette même année, 1853, dans la nuit du 26 au 27 août, une émeute, la seule importante de ces années-là, éclata, en province, à Angers. Les ouvriers des ardoisières de Trélazé, membres de la ,1/arianne, marchèrent sur Angers et furent dispersés par les troupes. Ces ardoisiers avaient été l'objet d'une propagande active qui, comme la propagande de Boichot, s'inspirait surtoul des évènements de Crimée. Des manifestes leur aYaieot annoncé que l'armée alliée serait battue ,, Sébastopol, qu'elle serait décimée par la faim cl le choléra, et que la République scrnit proclamée à Paris. C'était pour proclamer le gouvernement ré,•olutionnaire, « pour aider :. renouveler la loi,,, comme disait l'un d'eux, qu'ils s'étaient portés sur Angers. Et un autre, Pasquier, se déclarait« toujours prèt à prendre les armes pour son parti». lis furent condamnés; et jusqu'au début de 1856, des poursuites eurent lieu dans toute la France, contre les membres supposés ou réels de la ;\iarianne, à Nantes, à Tours, il Orléan~, à Angers, à Paris. Ces pou1·suites allcstaient que les masses républicaines demeuraient fidèles à leurs idées, qu'en dépit de toutes les mesures de compression policière, Je parti agirait. Comme l'écrivait en 1855, lé ministre de la Justice, « le parti démocratique était toujours contenu plutôt que corrigé». i\lais que pouvait-il décidément contre le souverain appuyé sur l'armée, contre le prince heureux, auquel souriait la fortune? Ses invectiYcs au brigand de décembre étaient étouffées dans le bruit des triomphes de 1856. L'Europe entière rendait hommage à !'Empereur: les attentats, les conspirations étaient-ils bien des moyens propres i, faire comprendre la grandeur, la justice de la cause républicaine, propres à la faire aimer cl soutenir? Le parti, cependant, était impatient de manifester sinon sa force, au moins toujours, son existence. Le corps législatif devait être renouvelé en 1857. Des élections allaient avoir lieu. Qu'allait-on faire? Depuis 1852, de nombreux membres du parti recommandaient l'abstention. Aux élections municipales et départe_mentales elle avait été pratiquée.
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