Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

7S IIISTOIHE SOCIALISTE ri du ~linistrr de la Guerre. Point de rappel, point de patrouilles pour entraver la marche de ces bandes populaires qui crient: \'ive Barbès! Vive Sapoléon ! Un ne pari pas! - .Hien encore, le lendemain matin 23 juin, pour crnp,'cher l,· solennel pèlerinage de celle foule à la colonne de la Bastille, dcrnnl laquelle, invoquant it genoux les héros de juillet 1830 el de février 1848, clic s'écrie tragiquement: La Liberté ou la Mo,·L! - Vers 10 h. 1/2 des barricades s'élèvent. surn-1onlécs ici des bannières tricolores des Ateliers nationaux. ailleurs de drapeaux rouges ou blancs. \\ers midi, 10111 l'Est de Paris en est déjit hérissé! La guerre sociale est décla,·éc, commencée. La parole est au canon. CIIAPITRE \'Ill Il n'entre pas dans le cadre de cet ou\'J'age de raconter les épisodes héroïques ou sauvages, ni de détaille,· les opérations militaires qui remplirent celle bataille de trois jours dans les rues de Paris. Nous n'avons qu'à en marquer le caractère social et les conséquences. Il nous suffit donc de dire que le Go,uvernement, incertain du succès, mais certain d'avoi1• ù craindre ses auxiliaires autant que ses adversaires, se 1·ésignc, la mort dans l'ùmc,àengager le combat; que, dès lors, la haute main passe aux militaires; que la garde nationafo, pleine d'a,·detir dans le~ quartiers riches, mais tiède ou favorable aux insurgés dans !es quanicrs pauvres, esl la premiè1·c ù ùonncr et se bat bientôt avec ce qu'on a nommé l'héroïsme de la peur; que la garde rnobile, d'abord hèsilanlc, mais • habilement compromise par Lamoricière" se décide ù marcher ù fond contre la population ouv1·iè1·e dont clic est tirée ; que l'armée, massée autour de l'Assemblée, reste longtemps J'arme au pied, réservée pour un grand mouvement d'ensemble, et que ·certains corps refusent de tirer sur le peuple; que l'inquiétude est par suite assez grande pour qu'on songe, sur le conseil de Thiers, à se retirer su,· Versailles d'oü l'on reviendrait assaillir Paris, une idée Gxe que Thiers avait émise dès février 1848 et qu'il Gnira par réaliser en 1871. Que fait cependant la Chambre durant celle premiére journée? Pendant que plusieurs de ses membres vont et viennent entre les insurgés et les troupes elle reprend son ordre du jour : la discussion 4u rachat des chemins de fer. Elle en profite même pour ajourner un projet dép,osé par Trélat, sur la prière du maire de Lyon,et destiné à ouvrir un débouché aux ouvriers de celle ville, en autorisant la construction de la voie ferrée entre Collonges et Châlon. Puis Falloux reparaît avec un rapport au nom de la Commission· parlementaire des Ateliers nationaux. • Elle a, dit-il, continué de délibérer avec le calme le plus parfait. • Mieux eùt valu sans doute un peu moins de calme el un peu plus d'esprit fraternel. Dupont de Bussac s'est retiré de la

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