350 HISTOIRE SOCIALISTE de deux formes de gratific!llion : subventions des villes cl primes à la sortie des marchandises jusqu'au 1" janvier 1849, procédé d'une légalité douteuse qui coùla t, millions 1/2 à l'Etat, mais qui ranimait l'exportation. Deux choses cependant entravaient la cirr.ulation : les octrois pour le marché intérieur, les douanes pour le marché extérieur. Les premiers, allaqués, abolis en partie, furent partout rétablis; les autres passèrent par des remaniements de tarifs, dont les tissus, les sels, les sucres furent l'objet ordinaire. :\lais une question de principe était à débattre: la politique commerciale de la République serait-elle le libre échange ou la protection 1 Les libre-échangistes, avant 18t,8, avaient constitué, à l'instigation de Bastiat, uoe ligue qui inquiétait fort leurs adversaires. Après la Révolution les deux groupes s'étaient unis pour lutter contre. le so~ialisme. L'ennemi commun ,·àincu, ils se retrouvaient en présence el la lutte rccommenrait acharnée. Les protectionnistes, profitan~ de la crainte qu'inspit-ait tout changement économique, se montrèrent décidés,, conserver comme tous les autres les avantages conseotis à une partie de la bourgeoisie riche. Ils prirent l'offensive. Michel Chevalier, qui dans son cours au Collège de France prèchait le libre échange, fut directement mis en cause comme propageant des idées subversives. \\"olowski, Garnier, Adolphe Blanqui furent a,·ec lui accusés par le Conseil des manufactures qui menaçait de les casser aux gages. Ln Yœu fut voté invitant les professeurs rétribués par le gouvernement ,, enseigner l'éco_nomie politique au point de vue de la législation régissant l'industrie française. Quelques membres du Comité auraient même Youlu davantage. Ils demandaient que le professeur s'abstint de porter la moindre atteinte aux lois existantes el de faire naitre, par ses discours, la défiance entre les citoyens. C'était réclamer une orthodoxie aussi étroite que celle de l'Eglise, subordonner la science à une doûlrine d'Etat. Cette partie du vœu ne fut point adoptée, et la chaire de 1lichel Chevalier, un instant supprimée', fut rétablie. C'était une petite victoire pour les libre-échangistes. Ils pouvaient compter aussi comme un demi-succès la loi du 11 jan- ,·ier 18;;1 qui accordait l'entrée en franchise dans les ports de la mère-patrie d"une qua,;-lité de produits algériens. Mais, saoi nous arrêter aux escarmouches qui furent nombreuses entre les deux partis, allons droit à la grande bataille qui les mit aux prises. Elle fut livrée dans l'Assemblée législative, quand !"économiste Sainte-Beuve (1), représentant de l'Oise, crut deYoÏI· proposer une réforme radicale du régime commercial franrais. S'appuyant sur l'a1•licle 1:1 de la Constitution, qui garantissait la liberté du travail et de l'industrie, il pro.Posait l'abolition de tous droits d'entrée sur les substances alimentaires, sur les matières premières, sut la houille, sur le bois de construction, sur le fer; en outre, la réd\1ction à 10 ou à 20 0/0 de ft) Ne pu lè c<>nfoadreavc>eJe critique du m~mc nom.
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