34G rnSTOIRE SOCfALISTE qu'elle se,·ail tuée pa,· une Banque l\ypothécaire qui culbuterait ensuite. Quoique dgourcusement défendu par le rapporlea, Fl'andin, il succomba sou:-i les coups de Léon Faucher, qui soutint que papïer·-monnaic est synonyme d(" fanssc monnaie et qu'une parei11c instîtnlion équivaudrait à une Terrc-ur financière; de Thiers surtout, qui, dans un discours prestigieux, l"voqua fe souvenir des assignats et émit, avec quelques critiques justes, des aphorismes hardis comme celui-ci: Le numéraire ne manque jamais. - Le· hanqnier Coudchaux, alors ministre des finances, le combattit aussi, et les culth·ate111's continuèrent il emprunte .. au taux de 9, 10 et 12 0/0. D"autres projets, comme ceux de Langlois et de \Yolowski,. qui n'admettaient pas le cours forcé, furent entrainés dans la chute du prêcédenl: ifs revinrent, plus ou moins modifiés, devant la Législati,·c qui sembla disposée à leur faire bon accueil: mais rien ne ful ,·oté. Les époques calmes, qui suivent les époques révolutionnaires, en sont souvent les exécutrices testamentaires. Le Crédit foncier, sur des. bases, il est vrai, moins larges et moins démocratiques, de,·ail être l'éalisé par le Second Empire. La bancocratie triomphante avec Louis Bonaparte ,·ou lut bien alol's organiser de grands établissements qu'elle savait tourner à son avantage. Il esl impossii,lc en pal'cour·ant cette époque de ne pas être fi·appé de la rapidité a,·ec laquelle les gros reconstituent leur suprématie sur les petits. f.c moyen commerce, favorisé par le Gouvernement p1:ovisoire, le fut beaucoup moins, dès que le pouvoir passa aux mains des conservateurs. Lai loi sur les faillites était draconienne. Jules Favre a,·ait proposé qu"on aulhrisàt pour six mois, au profil des commerçants ayant suspendu leurs paiements, des concordats amiables, si les deux tiers des créanciers y consenlaicnl. La proposition avait été prise en considération, avant les journées deJuin; après, elle fut l'objet de deux !'apports contradictoi ..es et l'Assemblée adopta un texte qui ne relevait pas des incapacités et demi-flétrissures infligées aux faillis des cornmc1·çants, victimes de circonstances qui pouvaient ccr·tes passer pou .. cas de force majeure. Les faillis. mème concordataires, fur·ent plus tal'd inscrits parmi les citoyens que la tégislativc priva <ln droit de vote. La loi des patentes, fertile en abus qui provoquèrent des rêclama· lions dans les Conseils généraux, ne fut pas modifiée. On s·en tint it un projet. J'ai déjà dit la contrainte par corps rétablie. Les monopoles constitués au profit de certains négociants, comme celui de la boucherie de Paris, subsistèrent. II n'y eut de changement important dans la législation coa1merciale qu'un élargissement de la liste des personnes appefées à nommer les tribunaux de commerce. Un représentant voulait qu'ils fussent élus par le suffrage universel; la loi se borna {28 am\t 1848) à conférer l'électorat non plus it quelques notables désignés par le préfet, mais à tous les commerçants patentés depuis cinq ans, auxquels on ajouta les ~apitaines au long eoun t:1
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