Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOlllE SOCIALISTE honr-;(•s. Ct•~ projets ,•nrrnl 1(• nH'.mc sort ((li(' Je~ précédents. Toul fut al,andonrlt' ù lï11cl11st1·it•t.•I à la :-.péculation pri,·éc-s. /_/a.,;;.-:1~.;;/,11u·(• pnblique et /11 ,1writé privéP. - Dr ces lois essayant d'orga11i,,•1 l'l' qm• Co11sidrrant apprlait le gnranlisme on arrive par une pente in~,'11~ihh· ,w, loi:-. d'assisla1u·c propre111C'nldites. l.rs ht'soin"\ étaÎC'lll énormc-s. En 18:ln. à Paris, ou af1111cnt 1,-... èpaH'~ dC' l.1 JHO\ÎIH'C', on complait sur 12:i2 personnes 100 indigent:--, :-:.ur '111 décè~ !t :, l'ho,pice. Da11<lï1h,•r de 18',7. il arnil fallu y secourir plus d"t,n tiers tir la pop11latio11: d,•s bons de pain furent donné:-. a ,,;;o,ooo J)Pl'SOllll('S, cl cc fait dr,rail 011,rir lf's yr1L\ aux hi:,,.loriens qui persistent i1 rt·oire que la Hé,·olu1io11 dC" Fé\l·icr n'f."ul que des cause!-! politiques. Les Yilles industri<'llcs offrai<'nf th•, mi~l•r·c~ parcillt.\:--iou pir<'!-i .. \ Lille, sur trois habilanls on en <·tunptait 1111qui Ill' JHn1,·ail :o-t• suffirl'. La cha1·ill· privée, pnr )(' flol irréguliel' d,~ !-i('s aumùnC's. pou noyait po111· l;-iplus grande partie ù ces détresses. Les Eg-li-.c, s111·tout. co11fornu,!m(•11là leurs princip<'S cl ü lru1·s inh.'rt~ls, pratiquai(•11t unt· charitt·· qui était pour C'lles unr , icillc lr:1ditio11 C'l un g1·and 1uoycn dï11rl11(•ncc. Pa1·mi les catholiquC's, le~ Sociétes de Saint \ïnce11t-dcP,1ul ri dr Saint F,·an\'ois-Xa,·icr, ~laient les distlÎbut1·i<·es ordinaires de la manne qui Ùf'sccndail des htwlcs 1·égions sociales sur h•-, classes inférieures. l'anui ru, encore Ir ,icomlc A1·maud de ~lrlun. fondateur eu 18',7 de la ,\ot·ù;ti: lfi:conomie charitable. pouvait passer, comme on ra dit. pour 1111 pro• fe,sionnd de la phila11lhropir nationale et intcrnalionalc; cl plus d'un répuhli,·ain. ,·ommc Tri·lat, Lam•rtine. Lr<lni-11ollin, s·était associé à lui pour ,onlagcr Ir paupérisme. l.a rharilé légale s'ajoutait it l'autre. Il existait, déprnd;,nt des villes, des <l,'parlemcnls ou de l'l~tal, tics hùpilanx cl des ho,pices. des ~lonls de pi,'t.-, des asiles pour les aveugles, les sourds-muets, Ir, aliénés. les enfants_ Lrom·és, les orphelins. Il existait aussi, sur :ii.000 cor11m11ncs, i,.)09 hurcaux. de bienfaisance, dont l1,000 i1 peu près font'tio11naicnt récllcmcnl. :\lais tous c·cs établissements a,·aienl des revenus fort inèg,u" el des administrations séparées, oi, la rcsponsabilill"·, partagée t•ntrc plu:,;i('urs personnes, devenait de fait iL peu près nulle~ les secours étaient mal .-,··partis; ils l'Laicnl surtpul fort insuffisants; il y avait là un ensemble :1 organiser autant qu'il dê,clopper . .-.:ùns rctro11,·011seu ce domaine Ir conflit clcs doctrines individualistes cl <les ,·onccptions intcn·entionnislcs. On ~e querella sur le départ à faire entre la charité J)1'Îvéccl la charité sociale; et, comme la prrmière a,ait surtout un ra,·aclère ronfcssio11nel. cela tourna souvent il une lutte sourde entre les Églises rl l'l::tal. Il sr fil bien tout d'abord, dans la période éphémère oü les partis se. rapprochèrent, un effort pour d(•mocratiser et laiciscr la charité individuelle. Or là naquit l'Œuore des Frlllernités ou des Famille.•, où chaque membre

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