IIISTOIRE SOCIALISTE augmc11tl·1·ent de moitié ou d'un tiers la mise des prcmic1·s souscripteurs,on ne ,·oil pas que la classe ouvl'ière ait bcauroup mordu à l'appâl. l.es prévi• :,ion~. on pourrait pr~squc dire 1cs espérances de Thiers sur le petit nombre drs dJposanls se réalisèrent. Le versement annuel d'une sonunc de cinq11an1c fr,11,cs cnd,·on est encore beaucoup pour une foule de petits salal'Ïés 1). Les besoins urgents empêchent de songer aux besoins futurs, cl la mise de cùté d"un pécule pour ses vieux jours semble èll·e le fait de la petite bourgeoisie plutot que du prolétariat. les Caisses d:épargne. - D'ailleurs, les petites gens avaient des raisons récentes de ne pas avoir en l'Etat une confiance entière pour la garde de leurs modestes économies. L'aventu1·c des caisses d'épargne a,·ait laissé de fücheux so,n-enirs. Le 21, février, clics contenaient 355.1,27.[17 francs. i\lais le !(Ouverncment de Louis-Philippe avait eu la fùchcuse idée de rempla- •·e,· les fonds reçus par des titres de rente et des actions : et lorsque les déposants, sous le coup de fouet de la panique, se présentèrent en masse pou1· l'Ctirer leurs dépùts, ils se trouvèrent en pré~cncc d'une caisse impuissante ù faire face au paiement à vue. 1-:nu11seul jour, le 1.3 mars, il a\"ait fallu rcmbou1·ser 3.35:L5l,t1 francs. Le Gouvernement P"ovisoire, victime cr solidaire des imprudences du Gotl\"crn~ment précédent, para comme il put au dangc,·.11 décida (!1 mars) que sur les livl'ets on ne l'Cndrait que 100 fr. en cspê<·cs ; le reste SCl'ait remboursé en bons du ll'ésor et en rentes 5 010 au pair. Mais les bo11s étaient it quatre ,nois d'échéance et les rentes avaient baissé considérablement: l'expédient n'était au fond qu'une banqueroute parti.elle, qui, pou,· comble de mal heu,·, lésait la classe la plus dénuée d'argent. Il donnait u11 ét,·angc démenti aux ét·onornistes cl aux philanthropes qui, depuis longtemps, avaient vante sur tous les tons aux petites bou1·ses la caisse d'éparg11c comme une suprême ressource en temps de misère. Un des premiers soucis d~ la Constituante fut, au nom de la fidélité aux engagements, de rembourser une delle plus sacrée que les autl'cs, parce qu"cllc portait sur le pécule des plus pauvres. Le Comité des finances J>roposait qu"en échange de leurs dépùts des coupures de rentes;; 0,0 au taux de ïO fr. ftîsscnl remises anx déposants. Un peu plus lard, le ministre des finances Goudehaux complétait cette proposition, en demandant que les Ii,·rcts s'élevant à moins de 70 fr. fussent rc1nboursés en numéraire, et, après disn1ssion, on admettait (5 juillet) l"cnscmble de ces mesures, avec un amendement de Duclcrc qui fixait à 80 francs, cours du jour, le taux dos rentes et le montant des livrets remboursables en argent. I.e dommage ainsi réparé taut bien que mal, il fallait l'empêcher de se renouveler. Une loi du 30 juin 1s.·,1 interdit aux livrets de caisse d'épargne de dépasser 1.000 francs. En cas que cette somme vint i, être dépassée par l'accumulation des intérèts, t. - 'l'hicn évaluaîl à t Cr. 50 et l moins encore la moyenoe jouroaJicre d"• ..,i:.1re1.
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