292 11ISTOI HE SOCIAl,ISTE ,\près cet échange d'obsen·ations, l'Assemblée passa vile à l'ordre du jour cl enfin, au mois de Janvier 1851, les pièces de la grande enquèlc ouverte en J848 furent rcnrnyées aux archives du Ministère de !'Agriculture cl du Commerce, ou. suivant l'expression d'un interrupteur, aux catacombes, et elles y demeurèrent ensevelies dans la poussière cl l'oubli, sans autre utilité que d'al'Oir peut-être éveillé ç,, et lit les ouniers el sn1'loul les paysans à la consl'icnce de leurs intérèts et de leur pouvoir, d'avoii· aussi prépare pour les historiens une source d'infol'mations précieuse, quoique incomplète. Cependant il sc,·ail injuste de borner à cela le bilan de la sollicitude témoignée aux tra,·ailleurs par les gouvernements cl les Assemblées de la Deuxième République cl le moment est venu d'aborder les modifications qui furent apportées par la loi au régime du travail. :--ious allons rni,· repasser sous nos yeux toutes les questions que les Associations professionnelles avaient essayé de régler par elles-mêmes : durée de }a journée, taux des salaires, apprentissage, mesures de sécurité, placement des sans•ouvragc, limitation de la concurrence, et avec cela rapports des patrons el des ouvriers i, propos soit du contrat qui les lie soit des différends qui les séparent. la journée de travail. - La longucu,· de la journée fut un des premiers objets sur lesquels on légiféra. Le Gouvernement provisoire, cédant à une demande qui passa par le Luxembourg, avait décidé, le 2 mars, que le maximum des heures de travail dans les ateliers descendrait à Paris de onze à dix cl en province de douze à onze. Un décret postérieur, en date du 1, Avril, frappait d'une amcncl~ et, en cas de double récidive, d'un emprisonnement, les patrons de Pa,·is qui ne se conformeraient pas it l'arrêté précédent. On alléguait deux niotifs. On voulait que les ouvriers, au lieu d'être usés par un labcu1· trop prolongé, eussent du loisir pour la vie du foyer el pour la vie politique à laquelle ils venaient c1' 0 èlre appelés; on voulait aussi, en réduisant la longueur des journées, permettre aux patrons d'augmenter le nombre des ouvriers occupés. Ce décret limitant les heu,·cs de travail avait une importance considérable. C'était en France, depuis la grande Hévolution, la première intervention de l'l~lal pour protéger les adultes. En Angleterre, un bill de l'année 1847 avait bien réduit la journée ;, dix heures; mais c'était seulement pour certains ouvriers des industi·ies textiles. Jci,au contraire, la main protectrice de l'État s'êtcndait sur tous les travailleu;·s anivés i1 l'àgc d'homme. Aussi fut-il attaqué par les journaux conservateurs et par les partisans du laissez faire. Les Comit<'s de la Constiluanlç reçurent des pétitions pour el conttc. Les pattons, en maint endroit, se moquèrent de la prescription nou• ,elle el ronlinuèrcnl à faire travailler quatorze el 9uinze heures. Plusieurs furent condamnt'•s. C:Ppcndanl, tant c1ucle peuple fut ou parut puissant, on
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