IIISTOIRE SOCIALISTE 281 par un npporl <le 4,200 fr. qui csl fourni par les associés en malérirl et en argent. Elle n'admet ni auxiliaires ni sala,·iés. Les salaires ne sont pas (•gaux. Ils sont déterminés pou1· chacun par un <·onst•il de scpl membres c.'•lu~,rt le~ bét)éfices sont partagés au pr·o,·ata d(• ces salaires. C'est, au fond, un petit patronat collectif, une communauté de travailleurs in<l,'pendanls. unis par un patte que rompent la mort, la 1·t>traitc. la ce!--'iation du métier. ~lais il n'est prrmis à personne de dc,·enir oisif en l'0nsrn·a11l dr~ actions dC' la Sociél!'; la dè,iatiorr capitaliste est ainsi cmpt'chéc. l.a Sociéh; se fit cslÎ1llC1' 1 au point d'ohtcnir unf' mëcl.iillr d'argrnt à !'Exposition de Paris en 18',!I; mais. <p1oiq11r Lien discrète cl bien inoffensive, elle faillit t'·tre crrrporlcr par le Coup d'Etat cl,· 111.",I.Le g-011,·ernernent exigra le rr111bours<"11tC'ntimmédiat d<·s .10,000 frnues ara1wl's. Cc coup ianpré, u fut si rudr que plusieurs membres, IC' gérant t~n hitc. parlèrent de <lissol111ion. l'n ou,ricr plus hardi sau\'a l'c11ll'cp1·isc. On S(' saigna aux ,1uatre ,eines et l'.\ssoC'Îatiorr dura. Eli(' dure ('ncore. Elle a plus cl'urr dcmisiêcle, cc c;ui rst un iigo respectable. :\lais, chemin faisan!, elle a éll'~ngcment atténu(i so11 ca1·artère démocratique primitif; elle s'est grossie d'auxiliair('s, c1ui forment rom me une plC:·b(' ou\·ri{·rc au-dessous de l'aristoc'l'.ttio des associés. Elle a d'aillru,·s 1'éussi modestement: elle a p1·ocu1·t'. 11011 l'opulence, mais une siluatiou s1irC' Îl reux qui en font partie. On retJ•ou,·erait des transformations at'laloguci dans la So:-Îl-.lé des ouvriers lunetit\rs de la rue Pustourcllc, qui, t·onstitu(·(' le 6 ao1H UV1!> sans aide dr l'l~tal, dut quand nu.-.me.en HJ;):z,chang-('r ses statuts cl son titre d'.\ssociation /i·otemelfr, qui sonnait nral et rappelait la ll,:,·olutio11. Cellt•-li, est une des rares qui aient rl•ussi hrillamme11t, du moi11-. au point de vue commrrcial. Car, au point de Hre social, clic n·a eu d'autre résultat que de foire sortir de la classe des salari~s un c<'rta.i11nombre d'ouv1·icrs d'élitC' qui sont monlt•s au rang de petits patrons {'t ml'me d'actionnaires capitalistes. C'est é\•idcmmcnt un avantage pour eux; mais leur élé\·ation pcrsonn('llr n'a pas ru de répercussion sur l'Hat général de la classC' ouvrière. Sn somme, bien que certaines Associations OU\'rièrcs, comme celles des cuisiniers, des 111açons, aient frtit d'assrz bonnes affaires, il n'en restoil plus ro t8:;i que 0 sur les ~t, qui avaient été subventionnées. Elles comprenaient alo,·s 101 assodés en nom collectif, 60 int~ressés, Hl2 auxiliaires. C'était une infime minorité sui· les millions de lr:waillcurs existant én Fraucc. Leur capital s'était élc\'é de 282,000 à 3:!2,000 fram·s; il n'arnit clone augmenté <1ue de 60,000fr. en neuf ans. F.t qu'étail•cc que celle sorurne misérable à cùté dC'sgains formidables réalisés dans le mèmc laps de temps par les établissements capitaliateo? L'institution ne répondit clone pas aux désirs ambitieux de ceux qui l'avaient préconisée; et cet échec est plus frappant encore, si nous constatons qu'il n'exi1teplu1 aujourd'hui que deux des Coopératives ouvrières de production créées sous la Deuxième République (ou\'ricrs en limes el lunetiers).
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