251 IIISTOIHE SOCIAL.ISTE définitive: il 11c dc,·àil y parvenir que douze ans plus ta,·d, en 1803, quand il publia son oun·agc sui· le principe fédératl/. Il <lécou,Te alors dans la fédé1·ation. dan:,: l'uuion souple établie par cc système entre les difté1·ents groupes, la t·orH·iliatio11 <p~'il n'andt pas su ,·oi1· entre la liberté cl l'autoritC. Il le r('ronnai!-sait loyt1lemcnt: lj Si, <'1118't0, h-ri\ait-il 11•2 110\emhrc 1862. j ai 1.léb11tépar l'anard1ie, 1·ouch1!'-ÎOnde ma critique gO\n·crnemcntall'. c'est que je de"ais finir pat· la rédération, base 11èt•cssairc du droit eurOpL;cn el. plus ta,·d, <le l'org;:u1isation de tous le:-- 1::1at,;;_ 1> :\lai:-, en attendant celle synthèse finale, les t1·11l'11lrntcs négations de Pl'o11dhon faisaient leur chemin dans le monde. On peut admirer tant qu'on voutlra la vcr,·c de sc·s rriliqucs rt l'éclat de ses fol'mulcs: on ne peut nier qu'il ait agi sur les partis avancés de so11 l('1nps comme un dissoln,nl; il c·st certain aussi que ses théories de libri-lé absolue. par 1111c réaction très natul'elle, ont conll'Îhué ;, je1e1· la Fran<'C dans les ])l'as du despotisme, auquel il pardonnait trop aisément: car il qualifiait le Coup cl'(:1at « de polissonnerie de collège>> et il s'en consolait c11disant:« Les rouges sont finis; moi. je l'C'Sle. 11 Ayant même oricnlation, mais ne sacrifiant pas la sociétc it findi\'idu, apparait 011 reparait alo,·s la législation direr·t~ par le peuple. C-cst le systèmC' oii le p<-uplc sr passe de rcpl'ésc11tants et vole en pcl·sonne les lois qui le régissent. Pratiqué jadis dans Athènes et dans Home, usité encore dan~ les petits eanlons Suisses, 1·ecornmandé par Rousseau pour des 1::tals très reslrC'Înts, il est, en 18!.8. l'C'mis en honnc111· pa1· un J\lkmand, Rillingha11s(•11. qui se rattache par ses 01·igines i1 la vieille noblesse française et par ses conviC'lions ,, la démocratie. Il est bientôt connu et approu,·é de Considcrant qui le rnntc comme la ,·,·aie solution du problème politique. Yoid en quoi il consiste: D1 abord en une critique fort ,·ive du système représentatif ou parlementaire, critique qui fut pcut-èt,·c i, la fois effet et cause du discrédit oio tombè1·c11t les deux Assemblées de la Hépubliquc; danger de ,·oio· l'intérèt du plus g,·and nombre remplacé par l'intérêt d'une petite mi1101·ité appartenant pour là plus grande part à la classe aisée; désaccord fréquent cl iné,·itablc entre les désirs des électeurs el le vote des élus, mauvaise composition des .\ssemhlécs, soit que les élections soient frelatées, soit que les intrigants et les bavards y aient plus de chances de succès que des hommes de ,·aleu,· peu ambitieux et peu bruyants, soit enfin que la difficulté de connaitre à fond les candidats oblige les gens à choisir parmi eux à l'aveuglette; puis encore, dans l'Assemblée même, la chasse aux portefeuilles, les voix données ,, un ministre en échange de quelque faveur, les compromissions sans nombre en vue d'une réélection, etc ... Mais comment remédier au mal? En appela.nt le peuple à voter sur des choses, non plus sur des hommes. En lui remettant le soin de régler les affaires publiques ê1uisont les siennes. Pour cela diviser le peuple par sec-
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