Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIRE SOCIALISTE \'t·aic. po111· dl'truirc la suprématie du t·ichc qui possède les instruments dclravail sur le pauvr<- qui doit atlC'nd,·c de lui la J)Cl'111Îssion tk travailler, il fout ritrr Louis Blanc. \ïdal, Pf'cqueu1·, Pierre L,croux. et, côte à cùle, Jeun, adn"rsain·~ av(~l'és, Blanqui et ~larx. Les deux derniers c1·oienl rnêmc néccssair<~unr diclrtl111·cdu prolt~lariat pou1· h1·ist:'Tla tyrannie d11capital. Cahct occupt:· li1 une position spét·iak. 1.1 est i1 la fois t1·t·•s étatiste, en ccsens que, comnu: Boussc,'lu, il soumet l'individu tout cntic1· i.1 la communauté cl très <'nelin à se passf'r de lï~tal, puisqu'il e11tc11d que les l<'a1·icns se ti1·c11td"affai1·(• tout scub; il dt"'mandc sculrmenl qu'on les laisse librc:-- d<' fondC'1' en plrinc carnpagn<', su,· un lCl'l'ai11 acheté par c·ux. une communaute ascétique autant qu'<~galitail'c où Je \'icc, la mi~i.•1·c cl ]'ignorance .!-Cronl comh:lll11~ par l'association. Il ne 1·éclarne que lt· droil d'cxistC'r pour celte cspt~<'<' de con\'Clll bïque. \'t· lrou\·anl pas en Fn1ncr les fn<'ilités néc.:cssaircs ù ccttC' <'XJ){Tiencè. il la trans.po1·lc c•n Amc~riquc. Le :) fén·icr 18',8, 1111c ::t\'ant-gardc de GO ka1·iens p:irlaienl pour le T<'xas, oü 1111 million d'acr('S leur étaient con<'édés s111· les bords de la Hivifr<' llou~e. l)'autrcs .Cquipes sui\'aicnl bie11tùl. P{·rilleuse a\'ent111·c! Ces ouv1·ier.!- fi-an<"ais tonibant s011dainenwnl ('Il un pays inculte f'I malsain, abandonnés ptn· le m(·d<'cin cl l'ingénieur d" la tn,upe, croyant:', la rnort de Cabet retenu en France par la lh'•volution, q11Îftf'nLù J;i déba11<ladc leur cam 0 pP1nenl de pion11ic1·s et. r('\·icnncnt à la );011,·clle-Ol'lèans oll ils sont. déeim•~s pal' la misèr·c <'l la. maladie . .\ ces nou\·rllr:--, Cabet. sous le coup d'11nr eondan111ation politique, part en sce1·ct d(• Paris 1.- J:J dl·cc-111brr <'l rrjoi11t ~e:- disciples. Sui· les 118.) qui sont. partis successi\'ement, lrs uns. dl·go1'ités du Xouvr·au-:\Iondc, 1·C"gagnent leur patrir avec 20,000 fra11('s qu'on lcul' donne pou1· 1cu1· \·oyage. Les autres, au nom br<' de 280 d n·ayanl i::uère que 30,000 francs dl' capital, se baptisent soldats tl" l'lrnmanih~ rl s'en \'Ont- a\·rc IPur· mallr(' occup01·, d:tns l'l~tat d'Illinois. il ::'\'a11\·oo. un lf'rrain jadis habité par lrs :\formons. De J8!1!) ù 1831, Cabrl qui lrs guide se vour• tout cntif'r :'1 l'organisation dt la colo11iP. li fait \'olr1· u1,c Constit11Lion qui fo11<"IÎ011ndeès J8.)0 Cl qui. 1·C\·Îséc. est. .tcccpt,:•r à l'unanimilt~ le'• mai 18J1. C'est li1 q11'011 voit bif'n Je car~clère d'une cntrrprisc qui mérite qu'on s·y arl't'·lc; car l'ulopic c·ett.e fois s'est. efforcée de ÙC\'C"HÏI' n:alit(;_ Cabet, en lranspla11tant la devise r(•publicainc, la lranspose; ta~Fraternité passe au prcmi('r 1·ang, cl la Liberté au dernier. Il y ajoute !'Unité et la Soli- <larité1 cc qui indique son désir de lrnir Ctroilcmcnt serrés les membres de la société. La Constitution de cet 1::tat en miniature comp1·end 183 articles qui en règlent la vie politique, religieuse, ci\'ile cl économic1uc. Le 1uffragc uni\·crscl est,\ la base; les femmes y ont voix consultative sur toutes les affaires et rnix délibér,,tivc sur toutes celles qui les concernent spécialement. Les six gérants élus ont les pouvoirs les plus étendus, surtout leur Président qui dirige les services publics, l'imprimerie y compris: la

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