236 HISTOIRE SOCIALISTE de la civilisation. afin d'y conformer l'action politique. La Fédération ,·o,,zmuniste pousse à bout ces opinions. L'('colc est réaliste par son interprélation du passé comme par sa vision de ra,·c11i1·: elle.explique tous les événements par le jeu des intérêts matériels. La façon dont un peuple produit la richesse, dont il organise le tra- ,·ail. détermine la façon dont il possède, dont il organise la propriété, et de lit dépendent sa 1·cligion, sa morale, sa ,·ic de famille, ses al'ts. Celle théorie qu1 on a nommée plus ta,·d le matérialisme historique, quoique formulée lrCs neltcmcnt au temps de la première Hé,·olution par· B:Hnavc et, depuis, par Saint-Simon, fHU' l'économiste Blanqui. était demeurée dans l'ombre; elle passe ici au premier plan; elle clcdcnt le pivot du système. le point d·appui de Loule une politique qui se formule ai11si : La Constitution éC'onomiquC"de la société se r_cflètc ,, toute époque dans une classe sociale qui exerce le pou,·oir à s011 profit. Le progl'ès se fait par son 1·cnYersemcnt à l'a,·antage d'une autre classe jusqu'alors exploitée, opprirnée, mais à qui les fo1·1nes nou,·cllcs <le la production donnent une puissance nouYcllc- aussi. Or l:1, hourgC"oisic aujoul'd'hui ,·égnantc a pour :-ich·crsaire la classe proléta1·iennc aspirant i, la détrôner. Il faut donc que ,·clic-ci se constitue en pa,·ti indépendant et conscient. jusqu·au jour où, de\'cnuc la plus forte, clic fera la conquête du pouYoir politique cl.par cela seul, suppl'imcra définitivement les classe~, puisqu'au dessous d'elle il 11\ en :-i plus d'autre. Donc la fusion des classes po111· but, cc qui est l'cssenC'e de tout socialisme; mais. pour moyen. la lutte des classes. l'emploi de la force, la ré,-olution éclatant ù propos et pa1· suite des crises C'conomiqucs qui résultent du machinisme cl de ]a surproduction. Poul'tUnt point de conspil'alions ni de coupsdemain a la Blanqui; une longue rt radieale transfô1·mation qui ne peut s'opérer que par une alliance C'nlrc les traYnilleurs du monde cnlic1·. Le manifeste se termine sur ces mots fameux: Prolétaires de tous pays, unissez.vous! i\lalg,·é sa p1·étention d•ètre fondé su,· les faits. non sur des théo,·ies, malgré son dédain des ~lessies descendant du ciel pour apporter la bonne parole, il garde encore des allures prophétiqncs. li prédit la révolution finale i1 brèYe échéance, il annon<'c que le signal en parlil'a d'Angleterre. Plus tard, en 18,jO, un nouYcau manifeste, émané de la mè_mc source, allcnd l'initiative " du coq gaulois », et cette f)l'Ophétic, à la mille du Deux Décembre JS5L, ne sera pas plus heureuse que les deux autres. On peut ,·oir là l'cmprcintt.• de son milieu natal sur cc socialisme, qui n'en reste pas moins alors isolé des aulres écoles, a,·ec un ca1·actèrc plus sec et plus tranchant, mais aussi plus p1;écis et plus scientifique. Chez les démocrates, rhez les simples réformistes on retrouverait, atténués, tous les courants que nous venons de signaler. Idéalistes et mystiques abondent parmi eux. Lamartine, llugo,Jcan Reynaud, Barbès chantent, décrivent ou ;,dmcttcnt la transmigration des dmes et leur lente ascension
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