22G IIISTOIHE SOCIALISTE P1•11'1anl q11(' la Franrc rl·p11Llil'ai11c cl nH~mc simplement libérale :,1t;parpillait s111· If' n•:-l(" du monde, que h•s prisons, ~ui,·ant un mot a11rien d<' ~IU~"-t.'l. ••.-<"Il allait•nt en colonie. f(Ul~ l<'s bagnrs se remplissaient cl<- politique, •· qur les pays voisins regorgf•aicnt ck proscrits poursuh i~ ('ll<'Ore tln11-. lt•11rasilr par la hairw des n\i11quc11rs, les complice~ l'f'C<'vaient lc11l's n·«·ompe1u,c~. L<' elcrgé obtenait des faveurs notahlC's: Ir Pa11théon. e11le,·é nu, grands hommrs, t:tait 1·r11du au culte catholiquC'; Je 1·cpos du dimanche drn~nait ohligaloi1·c- dans lrs lt·avaux public•î-.; dcl'rii·rc· ~1ontalembcrl cl \'ruillot, les ,·athnliqucs apportaient leur adhésion; Falloux laissait percer une ,ati-.faC'lio11 disl·rète: h--~é\t.,qucs bénissai<'lll le nou\"NHI nrnitre dl' la Fra rH'(': l'arrlwn'quc de Paris rélt'bmil un Te /)enm en s011 honneur. L'armée n·t'lait point ouhliér-. Sr~ opl'•ratio11s. <'lHJLrc les 1•t'·publicai11s de Paris cl de JHo, incc lui ._~tairul comptt'·t'"i commC' scr\"iccs dt· <'ampag11c; sui· cllr et hUr la g-«-11darrnC'ric ph•tnaicnt le~ d{ocoralio11s; les aut'Ît'ns militaires du prC'micr Empi1·c ohl('nairnt des pc11~io11s. On sr tlt•fiail qua11d nu.,mt• des soldats; on :l\·ait d(~<'idl· dt• l<'s faire ,otcr sui· un 1·cg-istre ou,f'rl: mais. sur Ir~ t·onscils d(' JérùnH"' \"apolt~ou dcn•1111 pl'i11cc, on a,·ail 1·apJ)Ol'lé le <l1.:•crctmal:u.lroit, Deu't gt•11érau:\ passaient nHU'<'-chau,; :\lagnau dt·,·cnait ~rand•croÎ'\ de la Légion d'ho1111('111·; CastC'llanr alla il <~ll'Cst:natr111·, D<'s gr:t<..h·s ou nH\rnr des sommrs d'ar~('nl payait•nl Ir- zèle d\'s orficit·r·s qui avaiC'nt 11·(.'mp(·•dans l'affaire. I.e peupl~ a,·ait JH1111· sa part tir hcll,·s promesses el le rftahlissemcnl du suff,ag-e uni,·cr~1.•I qu·on se hol'nail ù frelater. l.t- 10 Déecmhrc, ï.',::JH.:llH oui, c.·ontrc G'10.ï:Jï ,um. a<·c(•ptaient le rl·l-(Î1ne no1ncau. Qur ,alait u1H• ,otation fait<' sous la pr""sion <ll' l"(·tat de si(•ge et de la tcrr<"uror~aniséc par les prc•fct-., Ir-~ gt:m:•ra11,. les mag-i~trals C'l )('s délateurs :1 Peu importait. La ('01nédie l·lait jouée np1·t•s la tragédir. La Bourse montait. l.a bourg-coisic, non toutr cnti(·r<". mais dans sa majot'ÎtC, se repr('nail it , in·C'. houleuse et satisfaite, cl clic se consolait tic la lil}('rlé perdue en se rua••t dans les plaisirs et les spt·•culations. L,· mol de llt'puhliquc était cm·orc ,·onsen·é en tète des papiers orficiels. ~lais l'f'fligie du pl'Înce fi~urait <ll·j~1 sur les monnaies cl l'aigle impt:riale en haut des drapeau~. La llépuhlique était bien morte. Tuée par le crime d\111 homme? Oui, sans ùoutc. Louis Bonaparte, mcntrur et pa1jurc, devenu maitre clr la Franc(' par 1a tromp<"ric et par uu gu<'l-apens, a des lors, quoi qu'il fasse, une tache de sang aux mains cl une tache de boue au front. ~lais tuée aussi par le crime d'une classe qui, plutôt qur- de consentir i, la rt'·duction de ses privilèges économiques, préféra sacrifiC'r une à une toutes l<"sliberlt"•s, Ir régime parlementaire y compris; tu{•t• par l'implacable égoïsme d"une ho111·geoisic qui, plutôt. que de faire sa part :t la rêfol'lnC sociale, aima mieux laisser pesel' sur la pensée française l'uutoritaris111c t·atholiqur et sur la vie de la nation le despotisme militaire. T ul'c encore par la nl',·essit(· oi.1 la nation se trou\'a, sans préparation
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