Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

1ï2 IIISTOIRE SOCIALISTE pour 10111eitoy('n to11merait au profit de l'l::glise. ,\bordant de front la dirlirult<'•, ~l0111~dcmberl l':wouail. ~lais n'était-c<' point le salut d..: la société? Parlant « un langagr non théologique 011 mystique, niais politique ou social », il dédarait que le catholicish1c était la seule force capable de s'opposer efficaeemenl au so<·ialismc. L'U IIÎ\'Crsité laïque- ne pouvait remédier au mal, parce que, trop so11\'enL empoisonneuse d'ti.mcs el tueuse de noyances, elle était impuissante i, ('réer un 1\·angilc politique. Seul, le vieux dogme rn ,wait la ,·c1·t11 1 d'un cOté pa1·cc quïl pn~tait à toute autol'ité, qucll(' qu'elle fût, la consécration du droit di\'in, d'autre part parce qu'il faisait du tra\'ail un ehâtimcnt, une expiai ion, une peine et mettait le bonheur, non ~n1· la lel'rc, mais dans le ciel; parce qu'en conséquence il disait aux pa.ll\TCS : - Hésigncz-vous à la pau,Telé laborieuse et ,·011s en serez rêcom•, pensés rt dédommagés (·ternel1cmcnl - ri invitait les riches i, se faire pa,·donner leur richesse par leur charité. \lontalcmbcrl posait le problème a\'er une hn1tale franchise cl se plaçait sur un terrain oll il t:lt'hail œentraincr dl"nièrr lui la bouq:reoi~i<' aftoléc. 1·11 jeune professeur dr philosophie, .Julc!-Sirn~n qui se fil ]'a\•ocat de l'cnscig-11rmcnl ofn<·icl, n'osa pôint rele\'er le tléli au nom du socialisme et de l'<'~prit laïque. Plein dr ménagements poul' s011 adversaire, il se contenta de répondre que le ('Ornmunisrnc intel· lecluel, consistant it do11ner à charun sa part de 53.\'0Îr unÎ\'Crsel, ,·alait mieux que J'c-sda\'age dC" l'ig11orancc, et de 1·e,·endique1· pou,· la République le droit de ne pas abdiquer entre les mains du chri\ltianismc la direction de la jeunesse; il dérendit l'Uni,·crsit<' du reproche d\'t1·0 une faiseuse de c.:riminc-ls cl de sodalistes rl conclut en admcltanl la liberté de l'enseignement, mais limitée et réglée par 1•1::tat. J'ai déji1 dit page J001 comment les eatholiques d111·cntcc jou1·-l:1faire retraite sous la conduite de Falloux. ~lais c'est. de li, qu'il faut dater entre le catholicisme et le socialisme l'absolue opposition qui alla.il s'accuser les années sui,·antcs. La seconde opinion qui déniait se.ulement à l'l~tal le cont,·ôlc des éroles libres fut surtout soutrnue par Laboulie, qui demanda que les gl'anrls et les pelits sérninai1·cs fùssenl sous la sun·cillancc cxclusÏ\'e des é\'èqucs, cl les autres établissements pl'i\'éS sous celle des autol'ités électi,·es de la région. JI appuya son amendement d'attaques contre les maitres d'école el pl'ofesseul's qu'il (h'-clara incapables de faire clc bons citoyens, parce qu'ils faisaient de l'enseignement une profession et n'a,·aicht pas ainsi l'abnégation nécessaire ù cette c,;p~ce de sacerdoce, parce qu'ils a,·aienl aussi \'arié d'opinions suirnnt les di,·c1·s r('gi1nes qui a,·aienl ùominé tour à toul'. De Tracy voulut obtenir au moins que la sur\'eillancc officielle Jle pût être exercée que clans l'inté,·èt clr la mol'ale et du l'espcct des lois el cela, sans ètre inscrit dans la Constitution, fut à peu près convenu. I.e monopole n'eut point de défenseur. L'opinion qui s'en rapprocha le plus eut pour champion Barthélcmy-Saint-llilaire, républicain modért' et

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