138 MISTOIHE SOCIALISTg agt'icolc i, l'Assrmbléc, répand La Feuille du lïllage el des Alma11ac1ts. JI a l'rn·antagc d\'.-trc lui-même un rural et de sa,·oir pal'le1· leur langage aux culth·ateurs. Dan:; un discours qu'il prononce au )Jans, le 22 avril 181,!), et qui va courir la France sous Je litre de : A mes frères dPs campagnes, il leur p,.oposc cet exemple des bienfaits de l'union entre lravailleu1·s: Tenez '.., . :'\on~ ~ommrs Unl' ('<'nlaiue dans un village: nom~ formons une Société ('nsernblc-. je suppO!'-C'; nou:-. c:-onw•nons entre nous de n;rser chacun ,•ingt ~ous par mois dans la caissce. C('fo nous fait de suite cent francs. et, au bout de l'année, douze cents francs. L'un de nos camarades tombe malade, - toujours affaire de supposition - il n'a pas d'anrnces il est pauvre. Eh bien! A,·cc cel argent-là. nous payonK les remèdes chez l'apol hicairc. Quant :'t son ouvr:-ig(•, n0U1" 11c h· lais~OllS pas souffrir; les quatrc-,·ingt-dixnt'.'uf qui f;.C porh.•nt bif'n S(• rénui~:,;.ent: on tir'l à la courte paillf' et ceux qui lomhent au sort s'c-n ,·out le dinrnuchc- matin labourer son ch:i.mp, piocher sa vigne-, ramasser son foin ou haurc ses gerbt.'S. E11s'y prenant de bonne heure, t· est une alfairc finie avant la messe: on revient <·ontcnl; personne n'en ef-t plus paune : cl le malade, qui ne se fait pas de maul'ais f;.ang. guérit plus ,·îte. - Eh bien! en bonne consciC'llC<', fcricz-,·ous \Ill crime au gou,·crncmcnl républi<"ain de pro\'oquer-, d'e11courager cette pratique de la solidarittc11tre les homme~:) Je ne le crois pu. Ccp('11dan1, c'est du socialisme ... Chose curieuse! Cela devait se réaliser à la lettre <lans plusieurs communes rurales. ~lais cc socialisme inoffensif, s'il en fut, n'en fut pas moins poursuivi eommc u11c conlravenlion ù la loi contre les attroupements. Joigneaux offre encore aux villageois, pour les attii·er, des conseils de prudhommes, qui arrangeront sans frais leurs dill'é1·encls, le transport à bon marché par le raehat des chemins <le fer, l'abolition du remplacement et la réduction <lu service militaio-e, l'alliance des peuples. destinée à tuer un jour la guene. Félix Pyat, clans son Toos/ a11:rPaysans de France, qui, dit-on, se vendit à un million d'exemplaires, les me-l en garde contre leurs cuî·és, « ces amis vêtus de noir rt qui n'en sont pas moins blancs»; il rxprime le vccu « que la blouse grise des champs s'entenrle avec la blouse bleue des villes », el il leur enseigne que, par la seule force du nombre, il dt•pcnd d'eux d'avoir la République de jus lite el ,ramo111·, où ils pourro11l enfin manger le blé qu'ils auront semé cl boi1·c Je.vin qu'ils auront récolll' 11. Aux réformes promises viennent s'ajouter le remboursement des 45 centimes, le règlement des droits <le chasse, la permission de fai,·e du bois 11101·1 dans les fol'l'ts <lel'l~tal, la supp,·ession de l'usure par l'o,·ganisation du crédit. Tocqueville remarque qu'un gouverncmcnl révolutionnaire peul gagnt•r les paysans par une abolition di,·ecle ou indircete des <lcttcs hypothécaires et que l'opération faite aisément en dix jours serait forcément ratifiée, nlême si cc gouvernement ne du rail pas six mois. Les socialistes commençaient à se douter de la 'prise qu'ils pouvaient avoir sui· les timcs pa~·sanncs, si l'on en juge par leur ébauche de prog1·am111cagraire. I.e général de Castellanf signale avec inquiétude les progrès que font ll'urs i<lécs dan~ )a banlieue de Paris, et il dénonce 8\'C(' 11} \"oir t•oeorc l'>..·1'(tnl[ilcd11 ptuple par Alphonat> Esquiroa; ri:van&ilt rtp1tblkt1.i11 par l'lnsti1ut('01' )hlardicr, etc,
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