Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

10(J IIISTOIHE SOCIALISTE n•11lr111ro11q11(·•rit· 1H1~1,<i ·on11·t~ l'Unh·er~it<'>ln liber·t(' d"ensf'ig-ncn1t·11t. ~·1011lalf'111lwrtla pn;st·11k rommc• 1111 droit i11h(,ro11t i, la qualilt~ m(•111c de-citoyen, et t'(• droil qu'il rrvc11diq11<p·our terni indh·idu, il le rontNi.tC' ù l'l~tat. Son dist·o111·s fut un \'Îol1·11l n~quisitoit·c c-011trr l"rnsci~ncmrnt puhlit· d laïque•. :\Jais il cl-taitp1·l·mat111·(·.l.r8 orh~anisll-~, <•11ron· mal 1·ésig11ésà rént.1·c1· sous le joug <'1(·1·i<'al, 1'(•gimbl'1·,•111. faillirent rompn.• an.•c des alli(·s t1·op pt'l'S~é-s. l.<•s,•nlholiques se111i1·eu1la nfrrssi1<' d"op{·,·c,· tÙI(• prudente 1·1'lrnitc. Ce rut de Falloux qui. sur la d<.'mandCd'e :-;oncollègue trop t•ngag-c\ se eha1·g-,'a do la coudui1·c. A11t.a11~l lo11talr111bert'"·ait fié arrnga11t cl tranchant, a11taul de Falloux fut hurnhl,·, modeste-. c-01wili::rnt, potcli11. l ◄:ddemment ~lontalembcrl an,il étê mal f'Ontp1·is. St·s alt:iqurs l~l:lic11t dirigées c·o11LJ·c lc·s l•coles :-.Ot'Îu~ listes, no11 <·011t1·lr'U11in·1·sift.~;cl qua ni à lui, df' Falloux, (( jamais il ne porte1·ait la moindre nlleinlc ù l'cxcr~iec tir sa lihc1'lé. • Esl-ce qu'on ne savait pus que le pape t'lait plein de bon rnuloi1· pour le peuple? Est-cc que la ,·eligion n'était pas l'alliée naturelle de la démocralie? Pins Lard, à l'amiable, 011al'l'angcrait les petits diffél'ends qui pouvaient s<'parer les établissements dï11slf'IH'lion laïque et les maisons ,l',•duration rrligien,e. ~lontalembcrt 1·etira son arncndcnwnl. ~lais il 1•e,·i11t ù la t•harge. Il ,·011lut fai1·0 supprimer 1o s111·1·eilla11cdee l'Elàt sur les dablisse111cnts ccdésiastiques d'enseignement. Il n'obtint pas gain de cause. Seulement clans la Conslitutio11,gros de ,·onséquences et d'orages, demeurait ccl article : (( J ."e11seignemc11t est libre. » Libl'rté <le l'cnscign<'mc111, libcrtt: du travail, formules jumelles, l•galemenl ,qnstiqu<'s Pt am big-lies. par· qui sr l'é,·èle et se timcntc l'allia11cc de l'Eg-lise et de la bourgeoisie. Comme Montalcmuert se ,·antail de ne réclamer pour les {·,·oies catholiques rien d'a11t1·e que la liberté, lsambe1·t lui cria : • La lil,c1·té... a,·cc la 111nin1norlc ... " li ,·oulnit dire que, là oil existe l'inégalité {•c·onomiquc, la libcrl{• csl tout à l'arnnlage des l'Ïchcs. JI faut garder devanl les yeux cette vérité pou,· ,·abattre à leur j11slc rnlcur certaines prétentions libfrales d'alors, comme il faut songer au manque do délimitation précise que nous venons de signaler pour comprendre rom ment, malgI·é l'aepat·ence, les droits des ciloyens étaient 111i'·dio,·re111engla,·,wtis par la Constitution. On voit sans peine que les Constituants firent port.cr le fort de leur atlention sur l'organisation des pouvoirs concédés à la société. One p1·cmière qucslion csscnlicllc se posait. La France rcstcrnit-cllc le pays étroile111c11tunifié, centralisé qu'elle élait? Quelle dose d'indépendance laisscrail-on à la l'ic locale? Dès le début la question fut tranchée, dans le Comité par la procédure mèmc qui fut adoptée pour la préparation du projet p1'imitif. Odilon Barrot avait p,·oposé, t,·ès sage111cnt, qu'on entreprit l'œuvrc par en bas et non par en haul; qu'on 'établit les fondations an,nt de songer au faîte de l'édifice; qu'on déterminât le pouvoir des ·commupcs avant de régler les altributions des ministl'Cs, prrrcts cl autJ•es organes du gouverne• menl central. Il avait été vigoureusement soutenu par Lamennais, qui avait pu-

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