Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIRE SOCIALISTE seraient obligés de vendre leurs terres, sïls payaient fimp6t en raison de lc111· fortune: que la concurrence illimitée amène l'arcumulation de la richesse en un petit non1brc de m.1ins; que !"Etat a le droit dïnten·enir pour corriger ces effets de la libcrlé de l'industrie. - c·est vrai, s'écrient quelques ,oi,. - ~lais il ne s'agit pas de sa,-oir si e·cst nai. réplique Bonjean; il s'agit de sa\"oÎr si ces icll·es sont 1·(·pudit:es J):lr le ,ninistôrc, et comme il se refuse ù condamner ce manucl,desti1H: non aux enfants, mais aux maitres, il est impito~·ablerncnt 1·en,·erst·. Cependant le socialisme n'était pa~ morl. Le- monstre avait reparu dans les t..qettions. JI reparaissait à la tribune en la pc1·sonnc d'un être énigmatique cl puissant, moilié maitre d"école et moiti(· paysan du Danube, figure honnête, rose et placide oü s'allumaient des yeux vifs amortis par des lunettes pac·ifiques, mais esprit tout bo11illonnant d'idées et de colères, hérissé de chiffres, de syllogismes, de ~arcasmcs, en contradiction perpé ... Lucile an~,r-les autres et avec lui ml'-me. P1·oudhon car c'est lui qui entre en S('ènc a,·ait pris pour devise : - Je dêmolirni el je reconstruirai. - Mais il a,-ail élé surpris par la H.érnlution de Fén-icr en ploin trarnil de démolition. Hévolutionnaire de tempérament, il r avait pris part, tout en trouvant qu'elle sun·crialt trop tùl el qu'il aurait mieux ntlu faire en trente ans ce qu'on avait fait <'n trois jours~ Il avait signé une proclamation, donnant aux Parisiens cc conseil: - Louis-Philippe Yous t1·aite comme. Charles X: envoyezle rejoindre Charles X. - Le lrône à bas, sentant qu'il ne serrnit à den de ;·écrimincr, il s'était jeté dans la lutte, mais sans enthousiasme: en critique qu1 il l'Lait, il avait agi en se rcg-ardant ag-ir, en jugeant ses actes et ceux. des autres. JI a,·ait fondé un journal Le l/eprése111a111d11Peuple, el comme on ,·cnail réclamer de lui la solution du problème social, qu'il arnit promis de donner, il a,·ait exposé ses thé-ot>ics dans des articles pleins de ,·erve el dans des brochures à titre relentissant. Il ,11·ait rep.-oché au Go,11·crnemcnt provisoi1·<' de proscrire le <lrapeau l'Ouge, (( i-t<'nda1·d fédéral du genre humain»: il avail allaqué- Louis Blanc qui a l'ait eu le tort de dé•daigner une proposition d'alliance. Une première fois candidat ce qui allail peu aYec son mépris passion ru.'· du r<'girne parlementairc- 1. il avait échoue~; puis élu à Paris, il s'(·tail faiL inscl'lrc au Comité cles Finances, et à ceux q(d s'en étonnaient il ,·épondait avc<· fleg1ne : « Je suis un financier ,l. - ,Mais dans l1Assemblée, il s'dait senti désorienté; il avait perdu contact a,·ec le peuple dans cc qu'il appelle cet c( isoloir»; il n'avait su ni prt·voi1·, ni prên•nir les journées de juin; il ne put que les déplore,·. 1·:Iles furent ponr lui l'occasion dune c-,·ise de conscience, l'évènement décisifquijeta dans la politique active cet homme qui passait sa vie à médire <le la polilique. Il avail vu, sans lristesse, sombrer les projels de Louis Blanc. 1( Ül'guc-il ou vertige, <lit-il, je crus mon jour,•f'nu. » Le moment lui parut bon pou,· meure à l'ordre du jour son propre système. Le 8 juillet, s'adressant aux petits boutiquiers, H écrivait dans son journal:• Le terme! voici le terme~

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