Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

!)2 IIISTOIRE SOCIALISTE préalable. ;\lais droit de réunion cl droit d'association sont si voisins, si intimc-mC'nlliés, qu'on ne pul guère toucher ii l'un sans aucindrc l'autre. C"cst ainsi que dans cette loi apparait tout à coup cet article:• Les Sociétés secrète~ sont ahsolurnc11t interdites.» Et cela sous les. p~incs les plus sévères. On néglige de di,·c en quoi consiste la Société secrète comme de définir cc qui constitue la matière politique, si hien que c'est laisser la porte grande 011,·crlt• ù l'arhit,·airc. P('ul t~t,·e considérée comme Société secrète loutc réunion qui n·a pas fait les déclaration!-- r·equises cl aussi tout groupement dont Ir but réel rst aut,·e r111ele hut indiqué par ses memb1·es. •Rien n"étail plus dangereux que cette élasticité du lexie; les Sociétés OU\'rières de\'aient l'apprendre plus tard ù leurs ckpcns : et ""'me les Sociétés de bienfaisance, quoique exceptées no111i11ati,·cn1cnt,ne devaient pas t"trc longtemps ù I1abl'i des tracasseries administrati,·es. I.e dt'crcl a\'ait pou1·1ant des prétentions ct de:-- appa1·rnre:-. libérale~. Les modén~s entendaient garder une t·crtainc Ill<'· i,.uredans la réaction. Les démocrates avaient réclamé 3\'CC ironie autant de liberté que sous l'Empire. Certains articles du projet primitif a,aicnl été dénonc(•, cornmo exorbitants par Dufauro, par Falloux. Il avail fallu l'amender. Le, républicains les plus p,iles ne pournient se défendre de quelquer pudC'ur en songe>nnt que le 211 fé\'ricr :,·était fait au nom <lu droit. de réunion. ~lais. 111alg1·équelques adoucissements, celle loi était une cntra\'C mise pour de lonµ-ues années à !"éducation du suffrage uni,·ersel; elle ligottail les citoyens qui étaient <l,'jà,en face de !"Etal ,romrno des pygmées devant un géant: elle r{·duisait à l'émiettement la classe 1>01>ulai1·e,alors que l'Eglise, d'unr part, el la franc-ma~onn(l'i-Î(', de J'autr<', demeuraient debout, exemptes drs rèµ-les appliquées aux simples mortels, alors que lrs fo1·ccs bourgeoises dans lrs Cercles, les Bourses, etc .. a,·aient mille moyens de se concerter et de s'unir: rll(• était cmincmnwnt fa\'orablc au maintien en tutelle d'une masse ignorante qu·on empt'chait cl"apprendre à discuter librement ses propres intért.~b. Elit· avait été précédée par des mesures contre les affiches et les crieurs de journaux. Elle fut complétée par cieux lois contre la presse, l'une pré,·enth·e, rautre réprcssin:•. La première ;.établissait pour les journaux le cautionnement qui, de fait, avait à peu près cessé d'exister depuis la Hérnlution. On le fixait à 24.000 francs pour toutes les feuilles quotidiennes paraissant dans les département• de la Seine, de Seine-et-Oise cl de Seine-et-Marne. Paris continuait à ètre puni par des mesures d'exception. La province avait le privilège de ne payer dans le même cas que 6.000 fr. dans les grandes ,·illes et 3.600 dans les petites. Pour défendre le projet qu'il présentait, le gouvernement . se trouvait dans la situation la plus fâcheuse. D'abord, le Gouvernement pro- ,·isoire avait, le 2 lllars, fait insérer ceci au )lonileur: • La pensée doit être affranchie radicale~ent. .... ; il ne peut plus y avoir de timbre, de eautionnemcnl, parce c1uerien ne doit entan·er la libre circulation de la pensée.•

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