83 IIISTOIRE SOCIALISTE --------------------------------- ùe tlétaib <l'appli"ation. Car si clic refusait de se subordonner au clergé, clic n'en voulait pa"moins utiliser celui-ci pour cnlrclcnir dans les foules ouvrières des idées de r(•sp·('c1l .•ldC'soumission qui la préservassent de lout dangrr de révolution. Les con~régations curénl donc une grande part ù l'enseignement primaire, et l'inlerventi1111du curé et de la religion dans l'école fut consacrée officicllcmcnL, par la loi. La partie était donc belle pour les libéraux du catholicisme ultramontain. Dès . le mois d'août 1830, Lamennais cl ses amis fondaient le journal )'Avenir, où l'on affirmait non seulement la liberté, qui peut se réglementer, mais « la licence de 1-.;roJccomme celle de la presse». La devise de cc journal de combat était:" Dieu cl liberté!» Tournant contre le libéralisme ses propres armes comme, d~ns ses pré• C(;dC'nts OU\Tagcs, il a,·ait fait de la raison, Lamennais entrepritde« cathoJiciscr » la liberté, cl, pour que cette liberté du catholicisme fut complète, il demanda la sépa· ration de l'Église cl de l'Étal. Désireux de mener le combat sur Loule la ligne cl avec Lousles moyens à leur - disposition, les rédacteurs de )'Avenir fondèrent en même Lempsune Agence gén{- rale pour la défense de la liberté religieuse. Celle agence avait pour objet de ùénor.• cer les fauteurs d'irréligion cl de les poursuinc en justice lorsqu'ils s'exposaient aux coups d'une loi qui avait proclamé le catholicisme« religion de la majorité des Français ». Elle donna ainsi la mesure de son ,·érilable sentiment sur la liberté; mais celle alLilu<lc lut recruta nombre d'adhérents dans la partie la moins éclairée el la plus f~natiquc du parti clérical. Elle organisa en outre des sous, criptions pour les écoles congréganistes et prit l'initiati,·e d'un rnste péli· lionnemenl en faveur de la liberté d'enseignement. Elle ouvrit enfin des écoles sans autorisation, cl ses directeurs furent de cc chef poursui,·is en justice. Le jury, épris de logique, les acq,Lilta. Une telle altitude de bataille, soutenue par d'ardentes convictions et fortifiée par le talent d'orateurs cl d'écrivains tels que ~lonlalcmbcrt, Lamennais el Lacor• daire, enflamma cl passionna le petit clergé. Les évêques s'émurent. Leur situation les faisait plus proches du budget et du pouvoir c1ucde la masse des fidèles. Ils n'avaient d'autre part aucune vocation pour l'aposlolalclscs risques matériels el pécuniaires. Ces jeunes gens en parlaient bien à leur aise lorsqu'ils proposaient de dénoncer le Concordat cl de faire vivre l'Église libérée de l'f.taL par la générosité des croyants ! Les évêques se joignirent donc au gouvernement pour demander à Rome d'arrêter ces audacieux, qui voulaient libérer l'Église cl n'allaient pas moins qu'à la démocratiser. L'encyclique .llirari vos condamna les •erreurs• de Lamennais et de ses amis. Ceux-ci se soumirent et Lamennais, ayant refusé de s'incliner, alla seul vers le schisme et vers la démocratie de toute la force de sa logique et de son génie. Montalembert, à qui la mort de son père venait d'ouvrir l'entrée de la Chambre des pairs, fut traduit devant celle assemblée pour avoir ouvert une école sans aulori, sation. Il avait alors vingt et un ans. Interrogé sur ses nom et qualités, il se déclara
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