Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOIRE SOCI.\LISTE supporls: une paillasse, une couverture formf'r dt• lamlH'anx fran~i::-;,rnr(•m(•nl lavée parce qu'elle est scu]P, quclqw...foi:;dr:- draps Pl un orl'illt•r: ,·oilù I<' df•dan, du lit. Quant aux armoires, on n'en a pas bC'soin dan-:, t·r·i m:1is,ms. Souvc11l un rouet et un métier compll•lcnl l'anwul>ll•rrn\nl: Pl, prul-on dirl" rn forrnr d1• conclusion, ajoulcnL lïnsalubrilé i, l'insalubrité. Les ou,·ricrs normands sont aussi mal log~:; q111• les 11,1·. ,<,•r-{ brt!lOn-i... \ Rourn, dit \ïllcrmé, « ils habitent en général dans drs ruP:-:. élroilcs, dt·:-:.mai ..o. n.:. sali'-., hmnidcs, mal distribuée~, souvent bâties rn bois, rt donl lé~ chamhr,•s sont p<'lÎlPs cl obscurrs ». Leurs frères de Picardie n'ont rien, lu~la-; ! ;:\ leur cn,·icr .. \ .\mif'n ..,. nù « Ir~ homme8 ;iul!s de 20 ù 2L :-ins ont t.;lë troun!:, d'autant plus souvrnl aplP:; au méliL•r de:- ar111C's par leur taille, leur ron:>Lilulion, leur santé, qu'ils appurtc•- nairnt ù la dasso aisée. cl cl'autant rnoin.:;souvent qu'ils appartenaient it la cJa.-;-.,e pa11,·r1:. ù la cl:i:-;~t.\ t,u,Tifrc de la fahriqw· », ces dcr·niel's sont ilussi mal logl•:-., l'l la Yilh\ n'c!:-t in,:,alubrc que pour eux. \ïllt.\rmt; signale que là plupart dr ces logcrnrnb n'y sont pas de plain-pied "' t(U°tt chaque rez-de-chaussée« répond uiw d1arnhre au prcrniC'r dagc, un ~r< 1nit>1' au-<lrssus de• tcllc-('i, ou quelqudois un gt'\'.'nier :-cul.,.. \insi s'l•tagent d11uxou trni~ ramilles, la farnillc de rt•tage suph·it'lll' lra,·c,-sant les éhambn•s dP raulrP famill1•, toutrs les fois qu'elle 8ort ou rentre. Le~ pmffrcs n·onl pas If' droit d'èt,·r d1cz t\11,. Les tisserands de Saint-Quentin font leur toilr en famillP H dans d1•-. cspl'rP~ di:- cavrs ou de C'ellicrshumides, peu ou point aérC's, où la tcrnpt.•1\1turc C'iil bass('. mais ég:alt_\~. lais presque tout('S les mnisons où logrnt les ti~.scl'ands 11 étuicnl ('Oll"i· truites en pierres parfaitement joint(\~. vo\lLL't.'s "t a::.sez biC'n éclairérs "• la lu• mière étant un des plus pressants bc:;oins prorC':,:--!onnels c.lu tissage. On a heaw·oup parlé des eavcs dr Lille, on <'n parfrra encore longtemps. \ïllcrmé a visité en Jélail c!'llc lamentable rue des 1::1a•1u<'sc,l il csL descendu dans ('C.; taudis souterrains« par un e::;calit'r qui l\n c:;t tr(':; :-uuvcnt à la fois la porlc et la rr1.êtrc ». 11 a noté que, pour ces mi::;érablt\Slroglod~·tes dr 11olrc civilisation, If' jour nrrivc une heure plus ta.rd que pour l1.•sautres. et la nuil, une heure plus tôt. Ici. comme à Hourn, comme dans le.-; \·o~gcs. cornmc il Lodè,·c, le pro,·crbe csl d\',. menti par le laissez-faire botll'gcois, cL le soleil ne luil pas également pour tout 1/• monde. Dans ces caves, \ïllcrmé a vu fréqucnuncnt u reposer cn:::.crnbJedes indi,·idLh des deux sexes cLd'âges lrès dirf,•rcnts, la pluparL sans c-hrmise cl d'une saleté• 1'·· poussantc. Père, mère\ vieillards, enfants, adultt5, s'y C'nta:;scnl ». :\Ialgré cela, j( n'hésite pas ù préférer ces tau"dis aux greniers,« où rien ne garantit des cxlrême-, J,, la température ». \ïclor II ugo a visité ces trous, cl les Cltd1ime111s nous e11onl rapporté l horreur : Caves de Lille ! on meurt sous vos plafonds de picl're 1 J'ai vu, ,·u de mes yeux pleurant sous ma paupi~re Râler l'aieul flétri,

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