Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

llISTOIRE SOCI.\LISTE il !anis t'tanL tous pl'is pal' la fabrique, les enfants sont alla,t«s au biberon <'t • on M" lultf' trop de les nourrir a\·cc df' la boniJli,· ,,. Sur ()16 enranh ÙP-; hospir<'.;d, ,-. Heim,i.:.. :'86, ou 6/l pour rcnl, meurenl dan~ la pr1,rnièrp ann,~P par l'allaitPnwnl urtifiriel. \"Uler1nécon~Latcque J'e,paf'Pcl la lumièrr O('rnanqurnl pa-,, ou manquent rarement, dans les manufactures <ll' la fabriciue d".\.miPns, rl qur (< c'c:,l S(luJr. nu.'ntclwz lrs pclits entrPJH'flllCUJ'S de liStio.g(q' ur Jt,sat.elin1·sm.,~ont pQ.-l;oujum·:-- ni a:--::-c:?zrand.-n;,i assezaért•-.., surtout dan, la villr )), .\la.i:-l.e lraxad r f'lsl,pour les ('nlanh. plu,._p,éniblr qu'aiJlrur-..e.,t \ïllrrml' ne peut st• r{,:,ign('r ùtaire une tau,.• particulièr<'de ruine pouz·la santé des jeunes OU\Ticrs dans li~ pelites fil.Jturr,,;qui manquent d'un moteur ~énél'al. Cette cause, sur laqlll'IIP l'attention dP la rnair·ie d'Amiens a été apprlée deux fojs, ù rna connaissanc(',par le com•r-il di~ prtn.i'- homrne, de la ,·ille, (la première en 1821, eL la seconde, le 22 sepLembre 1831) consi~te ù fair('m<'tlrcen mouvemcnl, par des enfants, les machines à filer ou h C'<ll'<kr, au moyen d'unr manivcUc à laquelleon fait <lèrrire,avec la main, un ccrtlo dont le point ~upérieur passe il cinq pieds des plandies, eL il exiger ainsi de ces en• tanls plus qu'ils ne con,·icnL à leur faiblesse et ù leur taille. Je ne parlerais pas de eel abus de pou,·oir des ûleurs sur leurs aides, s'il n'avaiL été dénoncé à l'auto· rité ,nunicipale par le conseil des prud'hommes et si une double enquête n'étaH ,·enuc confirme!' les assc,·tions de ce conseil. » Les moteurs mécaniques appor• lèrenL ù ees pauncs enfants le même soulairemenl r1u'aux détenus de Loos donL il a été parlé plus haut . .,\.uregarddu !og-isouvrier,surlouL loJ'sc1u'on y travaille. la manufacture est un s1ij'lur hyiiéniqur. Et pourtant, saur la lu1uièrc que l'intérêt patronal n'y mesure pas aux yeux de ses trarnilleul's, l'air y est con ri né au poinLd'être irrespirable. Les ouvriers cl les machines y sonL entassés, eL celles-ci bappenL. fréqucmmenL au passage un lambeau de chair prolétarienne. Les estropiés sont mis au rebut. eL les employeurs n'ont qu'à les remplacer par des bras inemployés, <1uine manquent pas dans l1immênsc armée de résc1TC du travail. PartouL le lra-:ail esL périUcux. La phtisie cotonneuse, ou pneumonie cotonneuse, décime les ouvriers occupés au battage du colon brut. Ici encore la machine apportera unr améJforaUon, n1ais cc n'est. pas une rai.son d'humanité qui la fera adopter par les patrons. Lo cardage de la filoselle et de la soie, dans les maisons do détention, nolammcnL celle de :'iimes, cLdans les ateliers de l'industrie lilirc, appelle l'altcntion du doctew' IJoileau de Castelnau qui, dans des rapporls répétés. proteste contre • l'extrême üisalub,·ité » do ce travail. Les bollrretaires, c'esL ainsi qu'ou appelle les cardeuses de la bourre. ,k> la /iiosclle, des débris de cocons qui ne peu,·ent être dévidés, succombent, jeunes encore, au.<maladies de poitrine, sul'louL à la phtisie pulmonaire. Les autres opérations du travail de la soie ne sonL pas moins pernicieuses. Ecoutons encore \ïllermé: • J'ai vu à Ximes, dit-il, dans un atelier de tirage de la soie, où il y avaiL quatre fourneaux ou bassines, une vieille femme bossue et trois

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==