Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

52 111 TOIRE OCIALISTE quC'~a ruse ou sa force, ou de~ circonstances hcurcusC'I\.ont fail ~mrrger sent auo::...itôt son infirmité originelle. >fille autres sentiments cl intérêts le poussent à en lilJt•r<•rses enfants, quïl ,·rut (duqués cl in,truits. D'autre pari, cc n'est pas en vain que l'esprit de liberté l'a erneuré au front de son aile. On ne peut affirmer l'exrt'llrnce du saYoir sans en ,•,·ciller le Msir el l'app(>tit autour de soi, el l'on ne peut alors dé<-cmmenl se r<•lusrr au dc"oir de propaitrr le sa,·oir dans la mr,ure où lïnlérêl pcr,onncl ne court nul risque. Or, bien au contraire, lrs ounicrs dont l'esprit est éveillé par un rudiment dïnslrudion sonl de bi,,n mrilleurs in,lrumrnts de production. Cc sentiment est si nrl dans la bour!?Coisicdr la Restauration que nous a,·ons ,·u le contingent srolair,l, dan:-ila r!'gion où ,•llr dominr, l1i nord-est, r~gion plutôt induslriclll.",êtrr rr!alin·mcnt lroi, fois plus nombreux r111rdans la r(•gion plutôt agricole du sudr.t'C"••I,où l<•s~un·franf•p:-,r,-,n,lolr~ sont plu~ g~néroJP...et plus rortf'~. C'e:,l ainsi q11<'la rid1e rl plantureu'-r Toura.in<",le jardin de la Fraure, nr rournil qu'un N·o1:,-rsur 268 habitants. tandis que la llassr-Tlretai:nc en a un sur 222 srulrmrnl. .\ !'..,poque où Ch. Dupin puhlie rc, rhirrrcs, dans la Si111at111nprogre<si<·,des for,-,.< d,• la Frrmrr dep11i., lhl ',, t•'cst-i,-dirr i, la vcillt' de la ré\'olution M Jt1ill<'l, rn lS2ï, l1pns<'Î!-{nrnwnl primairr ga!,.,'11<' par nn trois rrnl miflp (·ICl,·<'s, l'C'n~PÎ!?IH'- m•nl srr·ond"irc plus d•· lrrnlc mille. J\,n•rii:ncmcnl supt<ricur plus de di~ JT'ill,-, cl r.,n-,•i!"'rmrnt industriel plus dr dix mill,, <'l(al1'mrnl. >lai, c-'csl ,urloul à la hourgcoisic que profile Il' dhelopprmrnl intrll<•t'lurl qui sr rnanife:-.tl'cV•s1815,rt r'••st son lrt's Rrand honnt'ur de-ne pas s'être rd usé ·ce profit. On peul même dire quP ses progrè, intcllcrturb ont éll• plu, rapidt', que k:-.autrt·~ dr tout ordre. l.r pruple n'e~l pa!-1encorr dtl\·rnu Jt, ~and consommateur d'irnprim{~ qu'il est aujour,l'hul, ~i mal servi d'ailleurs rncorc dans ~a ~oir dr c..a,·11ir.Et pourtant, alors '(HPl'accroi~~rmrnt annurl de la püpulation. pour lo pfriu,t., qui rn de 181', it J82ï e,l d'un d,•mi pour tt'nl. Pl que 11•nombre d,, rl11>- vaux a11gmented'un-pour cent, et la produrlion industril'lle dt• qualn> à quatre et demi. ft,, puhliralions cl la presse augmmlenl de neuf un quart. L'imprimerie française, dans la mfnw p<'riode de quatorze ans, non compri• 1<·~jnurrtaux, pa-.sr de '.5 million,;:,dr ft•uill~ d'impr(•...-.inn à plu~ de M.4million~. douhln11l les frrils <·onôac·r(-saux heau,-orls cl à la litti-raturc, cl aussi les almanadis qui so~l la ronsom,ialirn1 inlellN·tuellr ordinaire des campagnes. Les écrits m'litair,·,, l'hi,tnire s'élhrnt au trip),,, lu philosophi!' au quadruplt•, les sciences et la thèologie prc,qu'au quintuple.Les écrits consacrés Il la législation se multiplient par quatorze; mais les étud<•ssociales el odministrath·es n'augmentent que d'un quart : il faut penser que heauroup d'ouvrages de relie demi~N' catégorie ont ~té compti'•, dans la prk-Mente. Ajoutant ainsi le savoir à son poU\·oir économique croissant, la bo1Q11eOia,e dc,·ail néressairemrnt ronqut'rir le pouvoir politique, 11anspartage avec 181 aurviYants de la féodalité. Ch. Dupin pré,·oit très exartement la révolllf,ioa de juil·

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