Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOIHE S11Cl.\l.lSTE aussi d,• l'Etat.. de sr~ dl'oits. des in):,litutions que la FrancP a vouluP~. Pl il rn• souffrira pas qu'aucun d(• <'PS grands inl(~rêls soit mis rn pl•ril. En rf'nonçanl ù l'admini~tralion absolue Jp rensrig,wnwnt, en ro,npanl h• lif'11qui crwhuinait u PUnin~rsilé lrs ~tablisSf'rnrnb;partiruliers. la nombrt~ust> jPUTH'~sf' qu'ils abritent. il a toujouro ll'S yeux ouverts sur elle. il ne la line pas ù l',•sprit d,• faction.~ Talonné par les inn•(•ti,·es de Yl•uillot, qui ra(·rusait d'aYoir fait dt>!a-,n.1.neh, au gouvernement. l'th·êque Dupanloup se prononç&.contre le projc·t. Lr Comitt.' pour la défense religieuse h• repoussa. en disant que la lutte devait • êlrr rrpri"· awc plus d'énergie qur jamais •· .\lonlalembrrt nwna son parti à l'assaut d,· l'Etat enseignant, rn reprochant leur • mollesse • et 1,•ur • lâd1elé • aux catholiques qui ~vaicnt paru accrplrr rr qur leur ofîrail Salrnndy, en attendant le rcstr. Cette inlrans.igcanre donna beau jru aux partisans de l'l'nin"r:,ité. Lr rapporlear du projrl ù la Chambrt>.LiadièrP'.-:i,Ïn..,pirach• li>ur('sprit el <'ondul au rejet. LP mini:;lère,sen la.nt la commi:;~ionhostile, rwde,nanda pas la ini:;e à l'ordn• <lu jour, rnalgl'é les hautaines sornmatiom, dr .\lon.tal<•mbrrl.• Cela se ft 1 ra. lui répondait Guizot ù la ChambrP drs pairs. awr la prudrnc<• que nous y apporlun,, a,·ec le temps que nous y mf'ltnn,. • Et pour(,. raire patienter, il suspendait, en janYirr 18",8. le tours de .\lil'IH'l,•tau Collège de France. Guizot Pt Salvandy attendaient que l'opinion S(l fût rendormie de l'alar111e des annt~·s pr(•cédcnlr:,. lk fait. le calcul n'Mait pas faux. Le l('mps fai:,ail so11 wun-e. L'opinion se pa:;sionnait à prt•srnl pour la réforme ëleflol'ale, l'll mên1,· temps qu'elle abandonnait la g,1e1Tcaux jésuites cl qu'elle s'éprenait du pape libéral. Les libéraux lombaienl d'a1·1·ordpour faire lrève vis-à-ds de l'Eglise, Ir, uns parce qu'ils romptaiPnl sm· la ri•lorme pour cmporlt•r les jésuites et leur pou- ,·oir awc Ir r,)Sle. les autrf's pa1w qu'ils espéraient que le pape libéral débarrnsscrait l'Eglise du jésuili,rnr cl la ri•concilierait tout à rait avec la société moderne. Georges l\cnard dira bientôt quels périls contenait cette illusion. ri comment elle de,·ait pcrmi•ttrc au parti catholique d'obtenir de la Républiqut> ce que Guizot lui-même n·a,·ait osé ni voulu lui douner. Telle était la fausS<'léde sa situation. qu'il n'était pas plus permis à Guizot d'être clétical à l'extérieur qu'à l'intérieur. tout en y étant. également ronscr,·ateur. li avait bien menacé la Suisse de ,·rngl'r la délaite du Sonderbund, mais force lui avait été, finalement, ainsi qu'à .\letlernich, d'accepter les faits accomplis, et de laisser cette république se donner la ronstitution qui lui convenait en remplacement de celle que lui a,·ait imposée la Sainte-Alliance. En Italie, où drs mouvements révolutionnaircJ avaient éclatr au <:ommcncemcnlde 1811i, à l'instigation du grand agitateur .\lazzini, ~lcltcrnich avait envuyé des troupes au secours des principieu!es absolutistes menacés. Grand embarra~ pour Guizot, intcrpollé à la Chambre sur cette inlen'ention. Car s'il était hostile aux ré,·olutions, il était bien forcé, d'autre part, d'employer

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