452 JIISTOI.11E SOCIALISTE fondé une colonie scion le principe de la communauté absolue du sol el de tous le, in,trumcnls de lra1 ail. Loro11uc le , 0) agour qui ,,a nous le décrire y aborde, le S)Slème communiste a donné tous ses fruits bienfaisants, cl on marche d élonncmcnls en émcrl'cillcmenls. IJans ce cadre très simple, imité du Voyage de Bougainville el de tant d'autres, imité par tant d'autres depuis, Cabet décrit tous les a, antagcs du communisme, réfute toutes les objections de ses ad,ersaires présentées par le 10yageur. Ica,·ic repose sur l'agriculture, car le premier besoin de l'homme csl de se nourrir. ~lais l'industrie y est aussi très développée et la di\'ision du travail cl les machines simplifient les làches. L'argent 'est inconnu en Icarie. Chacun travaille scion ses force, et , a prendre au magasin cc qui lui est nécessaire; le conlr0le de l'opinion publique suffit à l'empocher de ne pas travailler, comme de prendre plus qu'il n'est raisonnable des produits communs. Cabet ne louche pas à l'organisation de la Camille. Certes, la femme est libre en Icarie, puisqu'elle participe comme l'homme à la production,· mais l'organisation familiale n'a reçu aucune alleinle de celle émancipation de la femme. Le mariage, cependant, n'est pas indissoluble, mais les époux c1ui n'y ont pas lrou,·é le bonheur forment le pclil nombre. A ceux-Ill, la Hépubliquc icarienne « offre le di10rcc quand leur famille le juge mdispensablc ». On le , oil, Cabet maintient si fort l'o,·ganisation familiale qu'il ne laisse pas, m~mc aux époux en désaccord, mais à leurs parents, le soin de dénouer l'union mal assortie. Si le di,·orcc présente de telles difficultés, il semble que les époux mal mariés doivent se ratlraper sur l'adultère. 'en croyez rien. En Icorie, l'opinion est Ioule-puissante el « la l1épubliquc a loul disposé pour que le concubinage et l'adultère fussent matériellement impossibles; car, al'ec la vie de famille et la composition des villes, où l'adultère pourrait-il trouver asile? » L'optimisme de Cabet 1·ient de la puissance qu'il atlribue à l'opinion publique dans une société fraternelle. !'fous pouvons en sourire, mais il faut cependant rcconnallre qu'il \'Oit juste, en principe, en accordant une telle importance à l'opinion. Seulement, on a obscl'\ é que le propre du progrès social est précisément de libérer l'indh iJu des sel'\ iludes d'opinion et de le mellre à même d'agir pour se conformer non à l'usage, mais à sa raison. Dans le rigide cadre familial d'lcarie l'homme cl la femme sont d'ailleurs égaux dcrnnt la morale, devant l'opinion, devant le travail. Le père, n'étant plus le nourricier de la famille, puisque ln femme travaille et que les enfants sont enlrclenus aux frais de la communauté, n'o plus aucune raison pour être un mallrc. Alais, dans la démocratie icoriennc, la femme ne possède pas la personnalité ci, ique, que Cobel, dans un dialogue, raille en ces termes : « Vous muiez peut-être, monsieur le galant, que ce soit le mari qui obti.,,e à la femme? - Non, monsieur le plaisant, je vous trouverais ridiculealors, el je 111i1
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