Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

441 IIISTOI.IIE SOCIALISTE l'avait répété après Saiut-Simon. Et Louis llla11c, en l 840, publiant l'Urgani- .,atio11 du flamil au moment où Palmcrson travaillait à ruiner lïnfluencc françai-c en Orient, écri1ait ces li1?ncs : « L',\nglcle1Te a des article, d1•lt1inc cl tic coton qui appellent des débouché, ? \ it,•, qttt' l'Orient soit co11<1uis.afin que l'.\ngleterre soit charg~c d'habiller l'Orient. llum,Iier la France? Il s'agit pour l'Angleterre de bien autre chose, Hatment ! Il s'agit pour clic de vil'fc, et clic ne le peul, ainsi le veut sa conslttution économique, qu'ù la conditinn d'asservir le monde par ses marchands. » Il en est de mèmc des aut,cs thèses fondamentales du marxisme : 1ous les no,atcurs socialistes, hien avant !84i, de Saint-Simon à Proudhon, ont affirmé que le prolétariat était condamné :, une misère croissante par le dé,elnppemcnl du S) stèmc capitaliste ; 11uc la co11ccntrat1on cap1taltslc, produtlt• par le machinisme, mcllrait en présence la classe omrièrc et ln classe cap1ta 11--lc,l("scla~scs inlcrmédiair•f'">a.~·:.H1ldi-.p::trud,111::; le proli'•la.rial; que le régime ropitalisll' amènerait fol:ilcmcnl dt.'!".I rri"-cs de surpro<luclion qui se lr:1<h1i• rnicnt en rht,mngc poui- ln dn~,;;c 011,rièrc cl finir:1ic11l pnr ::tlll<'n"r une cnta~- trophc sociale, un~ transformation de la société. Seulement tous le, précur-curs socialistes ,oulaicnl é,itcr la catastrophe, appelaient les capitalistes /J s'unir aux prolétaires, où bien sommaient l'Etat de s'mlcrposcr, d'inlcrrnnir en fa,eur de ceux-et contre ceux-là. Exception faite des communistes rérolutionnaircs, qui d'ailleurs n'étaient pas disposés à allcndrc la catastrophe économique pour s'emparer du pouvoir politique cl imposer l'égalité sociate. Ce qui cltffércnric clone ~larx de ses uc,·,11,c1c1s, c'est mt 11a compté sur la catastrophe pour opérer le 1,a,,aq-e du régime capitaliste au rt'~ime socialiste, cl qu'il a ap1lclé les prolêta,rcs à s'organiser en parti de classe pour annoncer l'é1énemcnt, le préparer clans la m<'...urc de leur (HHI\ oir, r·c~t-ôJ.dircmettre « ln force, accouchcu,è des ~OC'1é.. If•-; », o.usenicc de cet iné, it;hlc rnourcmcnl hi~loriquc. \u moment où parut la Oémocralie pacifique, les disciples de ·Fourier. gràce à l'incessante propagande de Considérant el de ses amis, étaient nomhrcux non seulement à Paris cl en France, mais encore dans tous les pays de l'Europe occidentale et m~mc de l' \mérique. Considérant, pour se \'Oucr plus complètemcMl à la doctrine, avait quitté l'armée depuis plusieurs années. Officier du génie, en garnison à Metz, où il f:iisait des conférences publiques sur les théories fouriéristes, il a\'ait em·oyé sa démission au maréchal Soult, alors ministre de ln Guerre, qui, au dire ,rEu{l'ènc de Mirecourt, la refusa en ces termes flatteurs : « Monsieur, le corps d'Etat-~lajor a besoin de bons orficiers comme vous . .Tcn'accepte pas \'Oire démission; mais _jevous accorde un congé illimité. Si vous ne réussissez pas dans vos plans de réforme, vous \iendrez reprendre dans l'armée le rang qui vous appartient. "

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==