326 1IISTOIHE SOCIALISTE essais dr réalisation. A mc,urc que le temps passera, la pensée de Fourier grandfra dan, l',•sprit des homnw<. :\ous qui en recueillons aujourd'hui le fruits tout en mé(·onnai~santtrop ~ouv(•ntlo tronc vigoureux:qui le porta, de quel droit.\aurionsnou, drs dédains ou de, ironies pour les fumées capricieuses du cratère sans cesse en éruplion, sans ,·e-se en production? Sublime maniaque, il a jeté les idées avec la prodigalit<' du génie. Les scories et les bavures ont été mises en poussière par le temps, qui se chargr- de détruire tout cc qui nous est inutile. ,lais il nous reste d,• lui : la sé,•ic, cctt,, notion supérieure de la division du travail fondée sur la .ihc·,'lé; l'émancipation do la femme, fondée sur sa libération familiale et écono· miquc ; la coopération, où le sociabmc français commence à apercevoir l'école pratique d'administration qui lui manquait, et où il verra demain un des plus puissants moyens d'émancipation des prolétaires par leur effort autonome. JI a cru à l'individu, grandi par la force de l'association, au point de tout accepter de lui, le bien rt le mal, les passions constructives et les passions destructives. li a cru à l'accord .le l'instinct et de la raisbn, se fiant à la raison pour utiliser la passion, à l'expérience en liberté pour former la raison. Ce robuste optimisme est en somme moins faux que la notion catholique de la déchéance humaine et le dogme de l'imperlectibilité. ~foins faux, donc plus fertile, sinon en résultats immédiats, du moins en rechcrcln::, et en audaces libératrices. CHAPITRE IV LA COALITION Les élections de 1837 et les deux coalitions. - La discussion sur les chemins de Ier. - Rejet du projet de conversion de la rente. - Le complot Huber; condamnations. - Evacuation d'AncOnc. - Refus des sacrements au comte de ~lonUosier. - Progrés de la propagande cléricale. - Le ministère est battu, c'est la Chambre qui s'en va. - , La corruption coule à pleins bords•.- Victoireélectorale de la coalition ThiersOuiiot et crise ministérielle de deux mois. La campagne électorale de 1837 lut tout particulièrement animée, l'oppo• sition de gauche ayant réussi à unifier ses efforts. Sur l'initiative de Dupont(de l'Eure), d'Arago et de Laffitte, en effet, il s'était formé un comité démocratique qui était entré' en pourparlers avec l'opposition dynastique, représentée par Mauguio, le maréchal Clauzel et Salvcrte. Les libéraux montraient une certaine répugnance à s'allier publiquement aux démocrates, dont la politique était alors synonyme d'émeute et de guillotine. L'intérêt cependant fit taire les scrupules dynastiques. Pris entre le gouvernement personnel du roi et l'éventualité d'un triomphe lointain de la démocratie, ils coururent au plus pl'81111é,
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