Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

22 IIISTOIHE SOCIALISTE 1éc3 ù l•(,·rirP d..,., pamphl(lh ('0nlrc la société bourg('oisc modt'rnc. » .\ pr't':--Pnl,un<' cho:--ùparait crrlainr, c'csl <JUCsi les presses d<'s journaux car- ]islt•s furrnl t~pnrgnécs, c.'est qu'apparcmmonl ces journaux, en bons eonscr,·al"ur.s qu'ils l·laicnl, avaicnl rPpoussé ascc horrrur l'emploi de ces diabolique:; engins de progrès qu'on appelle des presses mécaniques. Ces agilalinns ne pouvaient que faciliter la formation du pouvoir nouveau Pl lui donner dl' l'équilil>rc. Pot;r fonder" la monarchie enlour·ée d'inslilulîons rép.ublicaines » dont il s'était proclamé le repri'scnlanl dans la comédie qu'il alla jouer i, l'llôl,•l d,• \ïlle, Louis-Philippe transforma, le 11 août, en minisli-r,, régulier la conrnù,,ion pro,·isoirc qui s't1lail instafü•c à l'hôtel Laffitte. Quant à la commission muniripalc, compos(oe des comballanls el de leurs chefs, l'adhésion de Lafoyelle ù fa nouvelle monarchie l'arnit déscmparfr en lui ôlanl toute raison d'êlrf:\: f-:an~,nême qu·c11~ fût eonsultér, deux ou trois de srs membrrs pronon. cèrenl sa dissolution, el clic disparut sans bruit. Désireux d'exercer une action pC'rsonncllC' sar ses ministres, Je roi n'avait pas nommé de président du conseil. Deux ,'lémcnts se partageaient le cabinet, cl Louis-Philippe voyait dans celle cli,·ision le moyen d'assurer son pouvoir, dont il se montra toujours jaloux it l'cxlrêm<", mêmC' dans les plu:,; minc<'s détails, comme o:i le verra dans la suite de celle histoire. Dans le nùni,tère, Dupont {de rEure) cl Laffillc représentaient plus parliculièrcmcnl les libfraux, ceux pour qui la füh·olution signifiait un changement ùc régime, une mise en marche vers le progrès politique. C'étaient, avec des nuances qui les différenciaient assez fortement cl une <'gale crainte de d(>cbainer la démocratie, le, ho111mcsdu mou~cment. Le groupe des hommes de la résistance au mouvement, des doctrinaires, était plus particulièrement ,·eprésenlé pru· Guizot, Dupin, le duc de Broglie cl Casimir Périer. Ceux-ci étaient en majorité dans le ministère; mais, d'une pari. la popularité de Dupont (de l'Eure) cl de Laffillc el, d'autre pari, la présence c1·0dilon Barrot à la préfecture de la Seine el de Lafaye Ile au commandement général des gardes nationales du royaume assuraient la prééminence aux hommrs du mouvCl'mf:lnl. Ces hommes du mouvement épuisèrent leur énergie it. inscrire dans la charte l'abolition de )'hfrédilé de la pairie, à se quereller daos les séances du conseil avec Louis-Philippe, à lai;ser faire l'âl(itation dans la rue el à la laisser réprimer par lcur·s collègues de la rfsistancc, dont l'adhésion au nouvel étal de choses était faite surtout de 1:ésignation. Le calme plat ne-succède jamaL~ immédiatement à la tempête. Celle vérité est plqs constante encore pour )es mom·cmenls humains que pour ceux de la nature. Et pui•, les démocrates cl les libéraux réels ne pouvaic_nl tous ~e faire à l'idée qu'il n'y avait rien de changé, que le monarque et la couleur de sa cocai:de. Dans le combat auquel les avait acculés la folle provocation des mifli.,Lres de Cha,lcs X, ils a,·aicnl pris une aodace morale née de leor courage militaire. La victoire avait ,·edrcssé leur échine, et s'ils avaient •e noaven plaœ l'i! •-e.

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