Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

11ISTO!f\E SOCIALISTE 28!) <lernier était chargé de porter a mesure la poudre dans uno maison de la ruo Dauphine, où d'autres conspirateurs fondaient les balles el faisaient les cartouches. Blanqui, arrêté choz Barbès, reprend son porldeuill,• que lo comrnissairc a saisi, en liro des papiers qu'il avale précipitamment, mah;ré les errorls <les policiers, qui lui arrachent néanmoins un feuillet contenant une liste <l'adh<-rentsaux Familles. t:ne autre liste trou,·(,c dans les papiers de Barbès complète la fournée qui va comparaitre dcrnnt les juges de Louis-Philippe. \ïngt-qualro condamnations sont prononcées contre Blanqui, Ba, bè,, ~lartin-Ilt•rnard et lo groupe d'étudiants cl d'ou,Tic-1-qs ui IC'sout stli,·is. \lais Yoyons_qu(•I usage Thiers fil tlu pouwir dè, qu'il y fut install.S. Il commença par laisser effacer en fait de la carte de l'Europe le derniér lambeau de la Pologne. Les traités de lSJ:; a,·aicnt stipulé que la Yill,•de Craco,·ic ol ses l'1l\"irons immédiats con~litucrait un Étal indl·pt."'nda1C1tP. lle soluti,1n asait t•tt• adoptée à chusc de la ri\'alité du roidr Pru..sc cl d,•s l'lllpPreui-:;. d'.\utrichf• et <le Hussie, qui prélcn<laienl tous trois à la pos~rs'liinndu h•rritoirc rraco,·it\n. )lais après l'insurrection polonnisf' de 1830, t•f' lrrriloirt\ dail drn•nu le l'l'higf' drs Y:\ineu:., ..-\ccu!;erles magi:;lrals cracoYÎC'nsde foir,• df ln1r Yillc un foypr cl1agitalion, c'élail l'enfance de l'art. )lclletni1•h ll'y 1na11q11,1 pa:-.,el il dl'IÏ\ ra la Hm,-;iPdr cc péril en rncttant la main :,urCr.:iro,·ic,occupce par les troupP:::ai utriehi,•nncs. L'opinion libérale eut beau s·agitcr, en Fr.:inceet en .\ngfrh•rr('. Thier:;modela son altitudr sur celle' du minislèrc anglais, il ne hou~pa point. li nr pouvait rien <l 1 aillcur:,. Les trois pui~sanec-sdu :\'ord ét.lÎl'lll d'acrord puur •·onflf'r la garde de Cra('O\'ÎC ù l1Aulril'111'. Plus lard h· rui dP Pru:-.,t' l ~urtoul 1,, tzar <levaient donner dl•finiti,·cmcnLCraco,·i1• à I' \uti•ithc plut<il que di' la \'OÎr devenir le centre dP la viC'polonai:-.~. en1·orc fn.:mi.;.:-,~mt>telpr~t1\ ù :-.cl'l~n•illt>drans h•tiproYincc.squ'ils s'ètaienL attribuées. Le gou,·crncmcnt français Yt·naiL<l'a::-si~rll im1rnb~anl it la di:-,pariliundu dernier Ycstigo do la nationalité polonaise, il allail faire défaut au libéralisme à l'autrtl cxtrémilé do l'Europe. )lais, ici, cc ne ful pas impuissance; il y eut mauvaise volonté, cl, il faut le dire, la faute principale ne fut pas à Thif'rs, car, répélond-lc, jamais Louis-Philippe ne la.issa à aucun de ses minislrf's la <lircction des arraires extérieures. La défaite de l'absolutisme au Portugal el I"a,·ènement de la jeune roino Isabelle en Espagne avaient décidé la France cl l'.\ngleterro à conclure un trailé avec ces deux pays pour y assurer l'cxislcnce du rJgimc constilutionncl. Xous aYons dil dans un précédent chapitre que don Carlos, frère du roi Ferdinand Vil, avait soulevé quelques provinces au nom du droit divin el do la loi salique. Lo chef du Foreign Office, Palmorslon, <lemanda au gouvernement français, en verlu do la Quadruple Alliance, de s'opposer aux progrès du carlisme en fermanl lo passage de la frontière pyrénéenne aux armes, aux munitions el aux partisans du prétendant, et en empêchant los bandes insurgées de chercher un refuge sur le territoire français.

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