Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

lllSTOl HE SOCIALISTE 28ï L'l polie(' qui IC'surveillait, c-ar Loule UtiSOcialionSC<'rètfl a fait neressai,·t'- mcnl interveni,·, e:-.saya dr Jcurirnputcr l'allcntat de Fie:-,('hi~. \lais on sait, aujnur·- d'hui que si les républicains révolulionnairès ne réproun:•rrnl pa., 1,, rJgici<lc-, jamais ils ne le eonseillèrcnL, encore moins le pratiqui-renl. ~lare l>ufl'a.i,se, c<'pendanl, nou:; ra,·orl.S vu, blâmait cc SC'rupulcL. ·npani'•gyriqur,d'.\libaud fut même publié. sou~ fol'mcd'une o<lcau ,·oi, el on ~-li~ait rr;; \ï'~ : Demain le régicide ira prendre JJlace Au Panthéon avec les D1t.>ux ! De vols. d'assassinats eflL-il flëlri sa \'Îe. Il redevient sans tache et ni.:rge d'mfamie Dès quï1 .:;ela\"c au sangde:-.rois! JI fauL dire qu'.\libaud a,·ait soule,·é dans l'opinion plus de pitié que de haine. On ne pouvait ('n effC'l 1:-rnrllrt' au même rang qu'un SP(·léralnilgairc comnw Fieschi. Barbès l'admirait, nous dit :\1. G. \\"cill; quant ù Louis Blanc, il en parle comnw d'un martyr de l'idée d(i justic("pouss1)e ju-.qu'ù la cruauté. Laml'nnais, de son côV•. indigné de l'attitude des pairs qui jugèrent .\libaud, déclarait qu'on le rendait prt'squc sympathique au peuple. Les deux hommes qui Yenaienl, par la force de, choses, d"êlre placès à la Lêtedu parti républicain d'action se ressemblaient aussi peu que possible. lllanqui était froid cl fermé, l'espriL toujou1·s lendu, la pensée sans cesse ,•n action. :\"ou, l'avons vu apparaitre aux premiers jours du rJgimc et poser fa qta•.-;I ion soc:i.'.lle de,•anl les jug(•s. Pour h1i. la République est lt>moyen de rl"ali:;rr lt· so<.·iali~inc, <'l c'c~l aux prolétairesqu'il s'adresserade préférence. 1I a rC\'U tic Buonarolti la doctrine de flabcuf. Est-èe donc la communauté spru·tiatc, étroite et dure. qui Ya demeurer ~on idéal ? ;-Jon. Bien qu'il ne doive' jamais êlrC'un théoricien, ni dèYru1ceren esprit les temps futurs pour en exposer le plan <li'laillé. il tient à formuler son idéal sociaJ. à proposer un bul à l'action révolutionnaire des r,•publicains qui l'entourent. Il a fondé YCl'S 183', un journal. le Libérateur, où il se li\Te surtouL à d1âprcs rriliqucs contre la monarchie, en des arliclcs où, dit Gefrroy. « la haine r?foule la tendresse ». :\lais il se proposaiL aussi, dans cette feuille qui n'eut que quclqurs nun1l·ros, d'exposer sommairement, mais avor la précision qui est sa marquo <li:,tinclivc, fos motifs dP su critique sociale eL le moyen d'en finir a,·('c l'exploitation de l'homme par l'homme. • La richesse, disait-il, dans un artidcqui ne paruLpas et fui publié seulement en 18i9 dans la Révolution Française, la richesse n'a que deux sources: l'inll'iligencc el le travail, l'âme et Javie de l'humanité. Suspendez un seul instant ci:-s deux forces, l'humanité meurt. Toutefois clics ne pcuwnL agir qu'il l'aide d'un élément positif; le sol, qu'elles mcllenL en œnwc par leurs efforts combinés. Il semble donc quJ ceL instru10e1lt indispensable d'acli,·ité devraiL appartenir à tous les hommes. Il n'en est 1·ien.

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