272 11ISTOI HE SOCIALISTE tranlc, contre la prétention même des vainqueurs à s'ériger en juges, contre le « ramassis d'hérésies conslltutionncllcs », contre les (1 âneries de Bridoison, conseiller de la cour étoilée», qui formaient le rapport de Portalis concluant au renvoi des accusés devant la Cour des pairs. Ces protestations firent condamner, par la Cour, juge cl partie, le 1Yatio11al à dix mille francs d'amende el son gérant, Houcn, à deux ans de prison. La Fayette disparut précisément dans le désastre du parti républicain, le 20 mai. Ses obsèques, calmes ou plutôt mornes, semblèrent mener le deuil du parti dont il était le chef nominal, et qui, on le croyait bien en haut lieu, allait être enterré pour jamais. Comment la bourgeoisie censitaire ne se fût-elle pas promis un avenir désormais tranquille et les profits d'un pouvoir dégagé do toute appréhension? Los élections du 21 juin furent, dans la victoire do l'ordre, un triomphe pour le gouvernement. li y avait bien des discussions clans le ministère; mais cela ne touchait pas à l'ordre fondamental. Ces querelles avaient pour objet le régime de l'Algérie. Soult, c1ui, lc4 anil. arnil remplacé le duc de 13roglie,mis en minorité à la Chambre par une intrigllc des d{•pulésfamiliers <lC's Tuileries, voulait y continuer Jesystème du gou,·crnemC'nl militaire. Le lrou,·anl trop docile aux ,·olontés du roi, Thiers sr prononça conlrC'sa thèse, envenima le con(iit cl contraignit le maréchal à se retirer du cabinet; cl le 18 juillet, le maréchal Gérard prenait sa place comme président clu conseil et ministre de la guerre. L'.\lgéric était si bien un prétexte que cc lut encore un soldat, Drouet d'Erlon, qui y fut cnrnyé comme gou,·erncur général. Soult était débai·qué, c'était l'essentiel. ' Le maréchal Gérard croyait à l'irrémédiable défaite du parti républieain; il était d'autre part désireux d'effacer la tache imprimée à l'armée par les massacres dr \·aise et de Transnonain. Il proposa donc à ses collègues, dès son entrée dans le ministère, une amnistie pour tous les faits se rapportant aux insur,·t•<·lions de Lyon el de Paris. Thiers s'y opposa de toutes ses forces cl n'eut pas de peine ù gagner le roi à sa politique do répression implaeable, condition nécessaire de sécurité pour le régime. Gérard, lassé, donna sa démission. Ici se joue une comédie, dont Thiers cl Guizot, alors d'accord, sont les metteurs en scène. Pour mieux mater Je roi, qui s'entête dans son entreprise de gouvcr• nerncnt personnel, Thiers organise autour de lui une grève de ministrables, surtout do présidents du conseil é,·entucls offrant une certaine surface. Livré à ses propres conseils, Louis-Philippe, dont la suffisance était le moindre défaut, un défaut qui écrasait souvent ses très réelles qualités d'homme de gouvernement, chargea Marel, duc de Bassano, do former un cabinet. Il tenait à arnir pour président du Conseil un militaire: sa marotte était d'avoir des présidents du Conseil maniables, il ne pouvait mieux faire que de prendre des généraux et des maréchaux, parfois experts dans l'intrigue, mais nullement au lait de la politique. Marel était, entre tous, le plus maniable. M. Thureau-Dangin reconnait qu'il était • connu surtout pour avoir été le plus docile instrument du système impérial•· To-
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