Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

I 2ï0 li !STOi HE SOCI.\LISTE dP tin•r .. ,11· un homrn('qui ('-..:;ayaildl' ron-;lruirP unr barriradc. En clé'ihabi llant lt• hlt':-s,•. on lrnu,·a !-iUr lui unC'rartc <l'agent <le polit•e. .\lni..., la roulf', drnrg,~e ù la haionnPllf'. -.,, mrl d'ellr--mêmr ù <·onstruire les harTicade, rnultr<'Spar les chef, de la bourgeoisie. Sur six points de la ,·ille, sans contact f'nlrc tux, la rt.~Ï:;lancc~·tJrg:tni..,,•.plu..,r(':--oluf"qur formidab le. La troupe fait i<tult'r dcuYmai~ons dans lt1:-.quell<'Sles in..,urg~-;sr sont rt'.•fu~ri(-s romm(' dans df•~ 1•itad1•ll1..._. I e ~anon e,l ament• ronlrf• les barricades. La Croix-llousse est une forte""""• H la Guillotii·re un camp. L'armée bnmhar,lr, fait saulC'r,brllle les mai.-:;onsd'où le::; im,urgL'S tin:nl sur rlle prn<lant toute la jn11rrn'edu 10. Insurg(-s et soldats se poursninnl cl se balle nt ju-<1uesur 1,,, toit,. 1.·,,!?lr,edes CorMliers, au centre ?C la ,·ille, est un ar,,enal où se lobrîque h poudrl' el se rond<'nt les balle,, tandis que la ,acrislie et un<' chap, ,IJe •rn·ent <l'nmbulnn('e. Où sont les comil<'spour diriger celle poignée d'hommes qui tient une armée en érhec? 1ls sont disp<'rsés parmi l(•scombattants. ,\ucune direction. Le, chefs ne commandent que le point où ib combattent eux-mêmes, et sont co upés de toute cornmunirnlionenlrt' rux. Dr crntrc d'uclion. poinl. La virtoirc, une racilt• ,·ictoirc c,t donc assur(-c ,i l'ordre. )lais le prt•fet ,·eut un<' grandP bataiUe. une grande virtoir1.\ um• réprt',sion totale. Le 11, il ordonne au génfral .\ymar d'rvacuer la ville, comme on fit en 18.')l. L'évidence des faits lt• ronlraint né,nmoins à révoquer cet ordre. Le g~néral \ymar, qui n'entend rieu aux finessesscélérates de ln grande politique et ne connait que son métier de soldat, n'a pas de peine à prou,·cr r1uela victoirè n'e,t qu'une question d'heures et peut être obtenue sans lui coûter beaucoup de monde. De rait, le lendemain. prenant une vigoureuse ofrcnsi,·e, il emporte la Guillotière, éteint sans trop de peine le feu de deux canons pris au fort Sainte-Irénée et.que les irisurgés chargent avec de la ferraille et des clous, escal ade la Croi~- Houssc cl y brise Loulerésistance, enfrn prend d'assau.t. l',1:lise des Cordeliers do nt les dHen'l!'urs sont massacn'.-s.Dans le faubourg de \"aise, où sc joue le dernier acte de la tragédie, la résislance est à peu près nulle; la répression y c t féroce. Pour un coup de feu tiJ'I'd'une maison, les seize habitants de cette maison s ont pa:..,(-spar les armes: un jeune homme au chent de son frère mourant, un ..-i eillard, un père arrnchè aux bras de son enfant de cinq ans, sont tu(-s sans pitié. Lo rsque des gens sans défense. des non-combattants, sont ma,'8Cr<:Simpitoyablement, on reconnaU à cc signe affreux qur l'ordre est rétabli. ,\ l'insun-cction de Lyon répondit aussitôt celle de Pari.. \'oici le piège que lui tendit Thiers pour la forcer il sortir, à sc montrer, à lni donner pri,,c. A la Chambre, dans la sénncr du 12, il nnait annoncer que le général \ymar oc cupait il Lyon unu position inexpugnable, cc c1uiétait Je représenter comine se ten ant sur la Mflousivern farc d'unr insurrf'rlion générale et.puissamment.armüc.Les républicains donnèrent dans le piège el, le 13, alors qne toute résistance avait ce"8é à Lyon, ils coururent aux arm°" et s'enfenni.,,ent dans le dédale des rues propres à ces mou•e-

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