Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOIHE SOCI.\LISTE associations. Par ceUe nou\"elle loi, les sections de moins de ,·ingt personnes étaient interdites, les réunions également, même non périodiques, tous les membres d'unC'associalion élaient poursmvis indistinctcmcnl; rnfin les jugC'menb pour le délit d'association étaient enlc,·és au jury. remplacé par Ir tribunal rorrf">Ca tionncl. ~on, la propagande révolutionnaire n·cst pas morte. C'est mêmC' le momrnt ou clic déploie le plus d'acti,·ilé et manifeste le plus d'audace .. \ux .1 mis dn Peuple ont succédé les Droitsde l'llomme; qui formaient aupara,·arlt une 1.,eC'lion rén)lu~ lionnaire de coUe société. Contre un mouvement qu, gagnait avec rapidité rn for,·e et en énergie, le pouvoir n'a,·ait plus de recours que dans l'arbitraire. ,1 Ceux qui en doutaient, di~ Louis fllnnc, comme )1)1. Bignon, Béranger, Odilon Barrot, ne savaient pas combien il y aurait eu, dans la démocratie organi:-.éc,de pubsanrf' (•t de vigucui·. n En succédant aux .lmis dn Peiiple, société qui recrulail publiquement ~es adhérents et qui se ,·ouait surlouL ù la propagation des idées. les Droits de l'llomme s'orientèrrnl vers l'action sous loulrs ses formes et par Lous les moyens. Organi!-l•l~ ('n sections de moins dr ,·ing:l cl un membres, celle société échappait aux prises dt> l'artirlc 201. D'où les modifications propo-;•ip;; par ICg'ouvernement afin d'rn finir a,·ec rc dangereux ennemi. Quelle était la force réelle de la société des Droits de l'llvmme? D'après de la l lodde, qui en faisait partie pour l'espionner,• Paris complait 163 sections <1uideYaient fournir un eUeclif de 3.260 hommes, à 20 par section; mais ce chiffre ne fut pas atteint, à beaucoup près.» >'ous dc,·ons l'en croire. L'organisation de la sociéti• était assez compliquée. Il y a,·ait ù la tête, dit l'agt'nl secret, t< un cornité composé de onze membres appelé:; dirC'clrurs;sous IC's ordresdesdirecteurs,douzecommissaires:un par arrondissement; puis,quarantclmil commissairrs de quartier, subordonnés aux comrnissairf's cl"arrondi~srment. Les cornmissaires de quartier étaient chargés de formür des ~N·tions cornposées d'un cher, d'un sous-cher, de trois quinturions et de <1uinzehommes au plus. Ce chiHre de \"ingt membres était fixé pour éluder la loi; dans le même but, chaque seclivn dc,·ail porter un norn différent. A la rigueur, on pouYait admettre c1uc c'était autant de sociétés différentes, se tenant par leur nombre clans les prescripliono du code». Il y amit la section Robespierre, celle des .llontagnards, .llort au.t Tyrans, de la Camelle, de .1/ aral, des Gueux, de Babeuf, dûs Truands, de Loueel, du Tocsi11,duBonnet phrygien, de l'Abolilion de la Propriété mal acquise, dû Coutho11, de Lebas, de Saint-Just, du Nieeau, le Ça Ira, de l' Insurrection de Lyon, du I ïngt et un J aneier, do la Guerre aux _châteaux, etc. ~lais par ailleurs l'unité de l'association s'affirmait sans détours : « La qualité de membre des Droits de l'llomme élaiL avouée hautement; des républicains qui écrivaient aux journaux plaçaicnL fort tranquillement ce litre sous leur signature. » Tout d'abord, l'influence dans la société avait été aux modérés, aux partisans de la propagande pacifique. Haspail cnlendaiL co,waincre cl séduire, non con-

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