18 IIISTOIRE SOCIALISTE Cc•pendanl, rn lïSU, Pa1·is a,·ail dix foif- moins de méraniques el de mach:nes. qu',•n lll:lO.. Si l'on détruisait aujour(Jlhuj ce~ beaux in:,Lrumcnls d'une industrie perfectionnée, aYCClesquels la France produit tout ce qui fait mire bien-être ~l sa splendeur, nous n'aurion$ plus ,·ien qui plaçât notre pays au-des,us du pays Ms ;\apolitains, des Espagnols ,,1 des Portugais. Il faudrait qu'à l'imitation de leurs pauvres, de leurs manouvri('1'S, de leurs lazzaronis, vous allatigiez sans chaU'~surcs et sans rolUure. \'ous St'r·irz ('ncore plus rnalh('ureux que ces hommes dl'nués d'industrie, <·a,· vous n'auriez pas conune eux un soleil du midi pow· vous aider à supporter l"abruli5-semrnl rl la nudité.» C'était parfaitement dit. )lais les ouvriers eussent pu répondre à l'économiste qui les haranguail : - li esl certain que, lorsque nous a,·ons du travail, nous ~ommf's moilhi malhC'url'ux. qu1au lemps jadis ; mais n est non moins certain que, lor!>que la crise éclate, nous sommes d'autant plus malheureux que nou.s man• c1uons subitement de ee bien-être, d'ailleurs trop vanté par vous, auquel nous étions habitués. Ch. Dupin avait terminé sa harangue en affirmant aux réclamants qu'ils trou-i;-eraienl une administration « amie de Pouvrier »1 prête à satisfafre à ses • justes réclamation~"· JI~ trouvaient, huit jouJ's. aprês, l'impitoyable arrêté de Girod (de l',~in}. Leurs réclamations n'avaient pas élé jugées conformes à la doctrine t~conomi:;lc, ni à l'inlérêL de la classe au pouvoir. Cnc réponse, cependant, parvint au savant profcssew· au Conservatoire. \ïctor Hugo nous affirme. daris son Journal d'un réoob,tionnaire de 1830, que Dupin reçut le billet anonyme suivant:• ~lonsieur le sauYeur, vous vous r... sur le pied de ,·exer les mendiants! Pas tant de bagou, ou lu sauteras le pas ! J'en ai tordu de plus malins que toi! .\u rc\"Oir, porte-toi bien en aUeadant que je te Lue. • Ge billet est trop« littéraire», je veux dire trop apprëlé, pas assez spontané, pour émaner d'un des ouvriers qui allaient par les rues demandant du travail ou du pain. lin mendiant même, un malheureux tombé de l'étal d'ounier à eelui d'indigent pourrait arnir de tels sentiments, mais il ne les exprimerait pas d; la sorte. J'ai dit que l'administration n'avait presque rien fait pour les ouvriers en détresse. Elle fit pis que de ne rien faire. D'abord elle lirenria les ouvriers que la commission municipalo siégeant à l' Hôtel de ViUe avait incorporés à la garde nationale mobile cl auxquels, depuis le 31 juillet, il était alloué une solde <le u·cnte sous par jour. De,·ant les manire,talions de la faim, le Globe du lï août proposa, mais vaguement, la réincorpwatlon des ouvriers à la garde nationale: • C'est un droit pour eux ot un devoir d'y entrer ,, disait le journal libéral. Et il concluait en demandant • que la Ville fit un sa~rifice d'al'gcnt pour faciliter l'équipement de tous les citoyens quâ juatifieraien\ de l'impo,sibililé où ils sont do se procurer en totali\~ ou en partie cë\ équipe-
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